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En quoi la douceur et la chaleur de cette semaine sont-elles exceptionnelles ?

Pascal SCAVINER

Par Pascal SCAVINER, météorologue
mis à jour le

Il est rare que le seuil de la chaleur (25°C) soit atteint de manière durable en octobre, et sur de vastes zones. C’est pourtant ce qui se passe depuis ce week-end et toute la semaine. Cette situation, qui est propice à des records de température, s’inscrit dans le contexte d’un mois d’octobre qui s’annonce potentiellement dans le top 3 des plus chauds.

Une vague de chaleur concerne le sud-ouest du pays depuis ce week-end et gagne les régions centrales et celles de l'est. Cette évolution est confirmée par notre indicateur thermique, avec des prévisions de températures moyennes sur l’hexagone de + 4 à + 6°C supérieures aux normales.

Ces valeurs, très élevées pour la saison, durent plus de 5 jours, avec un pic entre les 18 et 19 octobre, avant de baisser très lentement pour se rapprocher des normales au plus tard en fin de mois. Cette tendance est dorénavant fiable.

Une chaleur durable et étendue géographiquement

Tout d’abord, gardez à l’esprit que cette période durable de températures élevées concerne également les matinées. Si c’est une bonne nouvelle pour vos économies de chauffage, elle l’est moins concernant l’humidité des sols et la sécheresse, en raison de la forte évaporation (même si la durée du jour diminue).

Ce niveau élevé des températures est atteint grâce à la remontée d’une masse d’air chaud d’origine subtropicale, propulsée par une forte dépression au nord des Açores. L’ensemble des modèles météorologiques insistent sur le caractère exceptionnellement chaud de la masse d’air en altitude (autour de 1500 m) atteignant jusqu’à 12 °C au nord et 20 °C au sud. À Paris, la température devrait atteindre 23 °C tandis qu’à Toulouse, la barre des 25 °C est franchie depuis samedi 15 et durera jusqu'au dimanche 23 octobre.

Outre le niveau des températures, l’étendue géographique de cette chaleur est une autre caractéristique de cette situation : des valeurs supérieures à 20 °C seront atteintes sur les ¾ du pays, et plus de 25 °C sur un grand quart sud-ouest.

Des records et un niveau de températures dépendant de la couverture nuageuse

Il est encore un peu tôt pour se prononcer sur les records possibles de températures maximales (les records actuels se situent davantage en début de mois). Il est en revanche acquis qu’une occurrence de 10 journées sur Toulouse, avec des températures au-dessus de 25 °C, est assez exceptionnelle : cela n’est plus arrivé depuis 1985. D’autres records pourraient être égalés ou dépassés, comme pour l’indicateur thermique journalier national, pour lequel les prévisions indiquent des niveaux jusqu’à 18-19 °C durant cinq jours. Enfin, des records de douceur nocturne et de températures minimales, surtout sur le piémont pyrénéen bénéficiant de l’effet de foehn, se produisent depuis dimanche matin.

Si le niveau d’intensité de la chaleur est lié à la présence d’une masse d’air chaud en altitude, il est aussi conditionné par la nébulosité, dont l’évolution présente quelques doutes. En cas de ciel dégagé où simplement occupé par des nuages d’altitude peu épais, le niveau des températures peut être très élevé. À partir de jeudi et le retour des orages, la couverture nuageuse limitera la hausse du mercure l'après-midi, mais accentuera la douceur qui sera exceptionnelle la nuit.

Vers un mois d’octobre des plus chauds

La douceur actuelle depuis le 1er octobre, avec des températures moyennes de + 2 °C au -dessus des normales, se prolonge et surtout augmente ces prochains jours. Avec la période chaude cette semaine, et malgré la très lente baisse des températures ensuite, ce mois pourrait se placer dans le top 3 des plus chauds, voire le plus chaud depuis 80 ans. Actuellement, le record est détenu par octobre 2001 (la température moyenne sur le pays avait atteint 16,3 °C) suivi de 2006 (16,1 °C). À noter que les mois d’octobre les plus chauds ont eu lieu ces 10 dernières années, à l’exception de 1995 (15,9 °C).

Précisons que cette période ne peut pas à proprement parler être qualifiée d'été indien. L'été indien correspond en effet à une période ensoleillée et très douce, mais qui survient après les premières gelées d'automne, entre le début du mois d'octobre et la mi-novembre. Or, nous n'avons pas encore connu de période de gelées généralisées sur le pays. L’été indien, au sens météorologique, ne se produit qu’en Amérique du Nord, plus précisément au Canada et à Québec. Là-bas les premières gelées arrivent de manière beaucoup plus précoce qu'en France, généralement dès septembre, ce qu'avait bien compris Joe Dassin dans sa célèbre chanson : "C'était l'automne, un automne où il faisait beau. Une saison qui n'existe que dans le Nord de l'Amérique. Là-bas on l'appelle l'été indien".

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