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Tempêtes en automne : plus fréquentes et violentes qu'avant ?

Par Karine DURAND, rédactrice

Après une 1ère tempête plutôt précoce et violente, que risque-t-on pour le reste de la saison et le début de l'hiver ? Notre météorologue-climatologue Cyrille Duchesne fait le point sur la probabilité d'avoir de nouvelles fortes tempêtes avant la fin de l'année 2019.

La 1ère tempête de l'année, Amélie, s'est produite le 3 novembre. Les tempêtes en novembre sont-elles fréquentes ? 

Cyrille Duchesne : Les tempêtes sont peu fréquentes en novembre. Les dépressions les plus creuses, associées aux vents tempétueux, circulent le plus souvent sur le nord de l’Atlantique et des Îles Britanniques. La France reste en marge de ces dépressions actives et se trouve plutôt concernée par de forts coups de vent sur nos côtes.

Dans le passé, y-a-t-il déjà eu des tempêtes violentes en novembre ? 

Cyrille Duchesne : Il n’y a pas eu de violentes tempêtes en novembre depuis fort longtemps. Il faut remonter aux années 1983-1984 pour retrouver des tempêtes puissantes et de grande ampleur en Manche et en Atlantique. Le 23 novembre 1984, on avait enregistré 148 km/h dans le Cotentin et sur la pointe bretonne avec d’importants dégâts. En Méditerranée, on retiendra la violente tempête du 21 novembre 2015 avec 126 km/h à Toulon, 136 km/h à Bastia et jusqu’à 191 km/h au Cap Corse.

De manière générale, quel est le mois le plus à risque pour les tempêtes ? 

Cyrille Duchesne : C’est au mois de janvier que les tempêtes sont statistiquement les plus fréquentes en France. 60% des vents tempétueux avec des rafales supérieures à 100 km/h sont observés au cours du trimestre décembre-janvier-février.

Quelles sont les régions les plus à risques pour les tempêtes à l'automne ? 

Cyrille Duchesne : Les caps exposés de la Manche et de l’Atlantique, ainsi que le Cap Corse sont les plus exposés aux tempêtes d’automne. Au cap de la Hague, on observe entre un et deux jours en novembre avec des rafales supérieures à 100 km/h. Le Cap Corse est le secteur le plus venté de France avec en moyenne 4 jours de tempête en novembre ! 

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Crédit : La Chaîne Météo

Le fait d'avoir connu une 1ère tempête précoce et assez forte est-il le signe d’une fin d’automne et d’un hiver tempétueux ? 

Cyrille Duchesne : D’un point de vue statistique, les tempêtes qui ont lieu en octobre ou novembre ne préfigurent pas forcément d’un temps très agité les mois suivants. Malgré un mois de novembre 1984 très agité avec une forte tempête, les mois suivants avaient été beaucoup plus calmes avec une vague de froid en janvier 1985.

La tempête Amélie a été violente dans le sud-ouest, et plutôt précoce, peut-on incriminer le réchauffement climatique ?  

Cyrille Duchesne : Un phénomène tempétueux particulier comme la tempête Amélie ne peut pas être le marqueur du réchauffement climatique. Elle rentre dans le champ de la variabilité climatique de nos régions tempérées. D’un point de vue statistique, on n’observe pas d’augmentation de fréquence des tempêtes au cours des dernières décennies en France. 

Un record de vent a été enregistré au Cap Ferret avec 163 km/h : est-ce que cela veut dire que les tempêtes seront de plus en plus violentes dans le futur ?

Cyrille Duchesne : Aucune tendance à l’augmentation de l’intensité des tempêtes ne se dégage au cours de ces dernières années. On observe même plus de tempêtes majeures dans les décennies 1980-1989 et 1990-1999 que depuis les années 2000. Les trois plus violentes tempêtes depuis le début des observations météorologiques remontent au 15 octobre 1987 (220 km/h dans le Cotentin) et aux deux tempêtes Lothar et Martin les 26 et 27 décembre 1999. On a enregistré jusqu’à 173 km/h en région parisienne et jusqu’à 198 km/h sur l’île d’Oléron.

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