Un mois d'avril peu arrosé en France : se dirige-t-on vers une sécheresse de surface ?
Sous l’effet d’un anticyclone persistant, les pluies se font rares depuis le début du mois d’avril, avec un déficit marqué sur une grande partie du pays. Cette situation entraîne déjà un assèchement des sols en surface, notamment au nord, et pourrait s’aggraver et se généraliser d’ici la fin du mois en l’absence de précipitations significatives.
Un arrosage peu conséquent durant les 20 premiers jours d'avril...
Grâce à la dominance des hautes pressions et de l'anticyclone depuis le début du mois sur l'Europe occidentale, les précipitations ont été largement déficitaires en France. Sur la première quinzaine du mois d'avril, on observe un déficit de -45% à l'échelle nationale en terme de pluviométrie.
On distingue un axe pluvieux, avec 30 à 50 mm du pays basque jusqu'en Franche-Comté, ce qui a permis à la pluviométrie de se situer dans les normes, grâce à une perturbation qui a stagné sur cette diagonale entre le 11 et le 12 avril. Cependant, de part et d'autre de cet axe, il y a eu peu ou pas de précipitations, avec des cumuls qui n'excèdent parfois pas 5 mm dans le nord-ouest comme dans le sud-est. La ville de Nice, par exemple, n'a reçu aucune goutte de pluie depuis le 1er avril.
Cumuls de pluie (mm) relevés du 1er au 20 avril © La Chaine Météo / Météo Consult
...ce qui induit une sécheresse de surface
Malgré un hiver très pluvieux ayant bien rechargé les nappes phréatiques, le début du printemps est devenu nettement plus sec. En raison du déficit de précipitations, les sols superficiels commencent à s'assécher, surtout sur la moitié nord. Si le temps sec et anticyclonique persiste, la sécheresse de surface pourrait bien s'amplifier dans les jours et semaines à venir.
Anomalie du volume d'eau en surface © La Chaine Météo / Météo Consult
Concernant les nappes, elles restent globalement à des niveaux bien hauts, grâce à l'excédent de pluie aux mois de janvier et février. Cependant, selon le BRGM, la tendance d'évolution des nappes est plus contrastée. En effet, en conséquence du manque de pluie, 54% des points d'observation sur les piézomètres connaissent une tendance à la baisse au mois de mars. Cette tendance à la baisse pourrait bien se généraliser au mois d'avril avec l'accentuation du déficit pluviométrique en France.
Cumuls (mm) prévus jusqu'au 30 avril © La Chaine Météo / Météo Consult
Une tendance qui n'est pas favorable, avec peu de précipitations jusqu'à la fin du mois
Jusqu'à la fin du mois d'avril, les conditions anticycloniques demeurent, avec une période bien sèche en vue. En effet, les précipitations seront rares, avec peu de pluie en vue jusqu'à la fin du mois dans de nombreuses régions. Les seuls endroits qui bénéficieront de la pluie sont les reliefs des Pyrénées, du Massif central ou encore des Alpes du Sud, grâce aux orages orographiques prévus cette semaine. Ailleurs, il faudra attendre le début du mois de mai, pour espérer un possible retour de la pluie.