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Bilan météo mai 2026 : au 2ème rang des plus chauds depuis un siècle

Par Cyrille Duchesne, météorologue
mis à jour le

Avec une anomalie thermique nationale de +2,0°C à l'échelle nationale, le mois de mai 2026 se classe au 2ème rang des mois de mai les plus chauds observés depuis 1930, derrière l'exceptionnel mois de mai 2022. Malgré une période fraîche à la mi-mai, la fin du mois a été marquée par un épisode de chaleur exceptionnel qui a propulsé les températures à des niveaux inédits pour la saison.

Avec une température moyenne nationale supérieure de +2,0°C à la normale 1991-2020, mai 2026 se hisse à la deuxième place des mois de mai les plus chauds, juste derrière mai 2022 (+2,3°C). Les précipitations sont abondantes au cours de la première décade du mois alors que le temps est durablement sec en dernière décade. Au final, on observe un excédent pluviométrique de l'ordre de +18% alors que le mois d'avril avait été très sec avec un déficit pluviométrique de -65%. L'ensoleillement a été généreux avec un excédent de +14% en moyenne sur la France. Il est dû à une dernière décade très ensoleillée alors que les 2 premières décades l'étaient beaucoup moins.

© La Chaîne Météo

Un début de mois copieusement arrosé avec fortes pluies et orages

Après un mois d'avril très sec et anticyclonique, les hautes pressions se sont retirées vers l’Atlantique et les perturbations ont fait leur retour en force sur la France, apportant de fréquentes précipitations, parfois orageuses.

Un début mai très arrosé © Meteo Consult / La Chaine Météo

Les cumuls de pluie observés ont été remarquables entre le 1er et le 6 mai avec plus de 100 mm de pluie dans certaines régions du centre-ouest et du sud-est. Il est tombé 126 mm à Blois, ce qui correspond à l'équivalent de 2 mois de pluie. Quel contraste avec le mois d'avril où il n'était tombé que 3,8 mm sur cette ville ! Dans le sud-est, on a relevé 106 mm à Montpellier et 94 mm à Nîmes, ce qui correspond aussi à près de deux mois de pluie en moins d’une semaine.

Pluies copieuses le 10 mai © Meteo Consult / La Chaine Météo

Le 10 mai est de nouveau une journée très pluvieuse. Au Mans, il tombe 74 mm en 24 heures soit l'équivalent de plus d'un mois de pluie. A Paris, le cumul de pluie en 24h approche 50 mm soit l'équivalent de 3 semaines de précipitations.

Grande fraîcheur pour les saints de glace et le pont de l'Ascension

Du 11 au 17 mai, la France a basculé dans une ambiance digne d’un mois de mars. Entre giboulées, neige en montagne dès 1200 mètres et gelées localement observées dans les campagnes, cette séquence froide de la mi-mai se révèle remarquable pour la saison.

Il s'est produit un décrochage d’air polaire plongeant directement sur l’Europe occidentale. Les températures à 850 hPa (vers 1500 mètres d’altitude) étaient négatives sur plusieurs régions françaises, un niveau particulièrement bas pour une mi-mai. Il faut remonter au printemps 2012 pour retrouver une masse d’air aussi froide en altitude à cette période de l’année, avec des valeurs proches de -33°C en haute altitude (dans la goutte froide vers 5000 m), expliquant la formation de la grêle.

Neige à Métabief le 12 mai © Meteo Consult / La Chaine Météo

Jeudi de l’Ascension, le 13 mai, l’ambiance a pris des allures hivernales sur de nombreuses régions. Des giboulées parfois accompagnées de grêle ont balayé le pays dans un flux de nord très instable. En montagne, la neige s’est abaissée vers 1200 à 1400 mètres sur les Alpes, le Massif central et localement les Pyrénées, avec parfois plusieurs dizaines de centimètres de neige fraîche sur les sommets. Dans certaines stations des Alpes du Nord, les paysages étaient totalement blanchis en pleine mi-mai. Cette neige tardive s'accompagnait d’un vent sensible et de températures souvent inférieures de 6 à 10°C aux normales de saison.

Une vague de chaleur historique en dernière décade

Du 21 au 30 mai, la France a connu un épisode de forte chaleur historique, jamais observé pour un mois de mai. Par sa précocité, son intensité et sa durée, cet épisode s'inscrit dans l'histoire météorologique du pays. Des centaines de records de chaleur ont été battus (plus de 1400), notamment dans l'ouest où la situation a pris un caractère exceptionnel.

Dôme de chaleur en France © Meteo Consult / La Chaine Météo

La chaleur s'est d'abord installée sur le sud-ouest dès le 21 mai avant de gagner progressivement l'ensemble du pays au fil des jours. Les records de température sont tombés par centaines. Le point culminant de cet épisode a été atteint avec 39°C à Fitou, dans l'Aude. Cette valeur constitue un nouveau record national de chaleur pour un mois de mai en France. Il s'agit de valeurs du réseau de données météo secondaires. Le record pour une station Météo France est de 37,8°C à Angoulême le 28 mai 2026.

Record de chaleur national © Meteo Consult / La Chaine Météo

Les températures ont souvent dépassé de 10 à 15°C les moyennes habituellement observées à cette période de l'année. L'ouest de la France a été particulièrement touché. Paris a enregistré huit journées consécutives à plus de 32°C, une série qu'il faut remonter jusqu'à août 2003 pour retrouver. Brest a connu quatre journées au-dessus de 30°C tandis que Rennes en a enregistré six. À Cherbourg, la température a atteint 31,9°C, pulvérisant l'ancien record mensuel de mai qui était de 28,6°C. Plus remarquable encore, des villes comme La Roche-sur-Yon, Saumur ou Niort ont connu cinq jours consécutifs à plus de 35°C, une situation totalement exceptionnelle, inédite et surréaliste pour une fin de printemps.

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