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Allergie au pollen ou rhume : comment puis-je faire la différence ?

Par Florent Schindler, météorologue
mis à jour le

Nez qui coule, éternuements à répétition, gorge irritée… Au cœur de la saison pollinique, beaucoup hésitent : simple rhume ou véritable allergie ? Si les symptômes peuvent sembler proches, plusieurs éléments permettent de les distinguer facilement et d’adopter les bons réflexes.

Plusieurs signes permettent de faire la différence entre un rhume et une allergie au pollen © Adobe Stock / Image d'illustration

Nez qui coule, éternuements, yeux qui piquent : au printemps, difficile de savoir s’il s’agit d’un rhume ou d’une allergie au pollen. Quelques signes clés permettent pourtant de faire la différence et d’adopter les bons réflexes.

Des mécanismes très différents

Le rhume est une infection virale généralement bénigne des voies respiratoires. Il se transmet d’une personne à l’autre et survient surtout en automne et en hiver, même s’il peut apparaître toute l’année.

L’allergie au pollen, aussi appelée rhinite allergique saisonnière, est une réaction excessive du système immunitaire face à des particules de pollen présentes dans l’air. Elle apparaît généralement à période fixe, en fonction du calendrier pollinique : bouleau au printemps, graminées entre la fin du printemps et le début de l’été, ou encore ambroisie en fin d’été.

Quels sont les signes qui orientent vers une allergie ?

Plusieurs symptômes sont très évocateurs d’une allergie au pollen :

- Les éternuements sont souvent répétés et en salves.

- Le nez coule de façon claire et abondante.

- Le signe distinctif : la démangeaison. Contrairement au rhume qui provoque une sensation de brûlure ou d'irritation, l'allergie se caractérise par un « prurit » intense. Si vous ressentez le besoin de vous frotter le nez frénétiquement, si votre palais vous démange ou si vos yeux sont rouges et piquent comme si vous aviez du sable à l'intérieur (conjonctivite allergique), l'origine est très probablement allergique.

Un point clé : il n’y a pas de fièvre, même si l’ensemble des symptômes peut parfois laisser croire le contraire.

Autre indice important, le contexte météo. Les symptômes ont tendance à s’aggraver lors des journées sèches, ensoleillées et venteuses, lorsque les concentrations de pollens sont élevées. Ils peuvent persister plusieurs semaines tant que l’exposition continue.

Les symptômes plus typiques du rhume

Le rhume débute souvent progressivement. Le nez est d’abord irrité, puis se bouche. L’écoulement nasal devient plus épais au fil des jours. Une gêne dans la gorge, une toux légère et une fatigue passagère sont fréquentes. Une petite fièvre peut apparaître, surtout chez les enfants. Contrairement à l’allergie, l’évolution est limitée dans le temps : les symptômes disparaissent en général en une semaine à dix jours.

La fatigue, deux visages différents

Bien que la fatigue soit présente dans les deux cas, sa nature diffère.

Dans un rhume, la fatigue est physique, souvent accompagnée de courbatures ou d'une sensation de "coup de froid".

Dans l'allergie, l'épuisement est nerveux : il est causé par la réaction immunitaire constante et un sommeil souvent perturbé par l'obstruction nasale, mais il ne s'accompagne jamais de douleurs musculaires.

Durée et répétition : deux indices majeurs

Si les symptômes reviennent chaque année à la même période, surtout au printemps ou en été, l’hypothèse allergique est forte. À l’inverse, un épisode isolé en plein hiver, dans un contexte de circulation virale, évoque davantage un rhume.

La durée constitue également un repère : un rhume s’améliore spontanément, alors qu’une allergie peut durer tant que les pollens restent présents dans l’air.

Que faire en cas de doute ?

En cas de symptômes persistants ou invalidants, un professionnel de santé peut confirmer le diagnostic, notamment grâce à des tests allergologiques. En période à risque, il est également utile de consulter les bulletins polliniques afin d’adapter ses activités extérieures et de limiter l’exposition lors des pics de concentration.

Le saviez-vous ?

Un excellent moyen de différencier les deux pathologies est la réponse au traitement. Si la prise d'un antihistaminique (disponible en pharmacie) calme vos symptômes en moins d'une heure, le diagnostic allergique est quasi certain. À l'inverse, ces médicaments n'auront strictement aucun effet sur les symptômes d'un rhume viral.

Vigilance sur le souffle

Une allergie au pollen non traitée peut parfois évoluer vers de l'asthme allergique. Si, en plus des éternuements, vous ressentez une oppression thoracique, une respiration sifflante ou un essoufflement inhabituel lors d'un effort, consultez rapidement un médecin ou un allergologue pour effectuer un bilan respiratoire.

Avec ces quelques indications, vous saurez mieux faire la différence entre un rhume et une allergie au pollen, ce qui vous permettra non seulement d’éviter les traitements inadaptés, mais aussi de mieux anticiper les périodes sensibles liées aux conditions météorologiques.

En cas de doute, il est recommandé de consulter votre médecin traitant ou un allergologue.

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