Tempête Austen : comment se compare-t-elle aux grandes tempêtes d’octobre en France ?
La tempête Austen va balayer le nord-ouest de la France ce vendredi, avec des rafales dépassant 130 km/h sur les côtes de la Manche. Si sa formation explosive et son intensité méritent une surveillance particulière, octobre a déjà connu des tempêtes bien plus violentes. De l’« ouragan » de 1987 à Alex en 2020, en passant par Benjamin exactement un an plus tôt, retour sur trois épisodes marquants pour situer Austen dans l’histoire météorologique.
Octobre, déjà propice aux premières fortes tempêtes
Les tempêtes sont plus fréquentes entre novembre et février, lorsque le courant-jet se renforce avec l’augmentation du contraste thermique entre les régions polaires et subtropicales. Mais dès octobre, la circulation atlantique peut déjà devenir suffisamment dynamique pour produire de profondes dépressions.
Austen en est un bon exemple. La dépression va perdre environ 25 hPa en 24 heures, passant de 1006 à environ 981 hPa entre jeudi et vendredi : une cyclogenèse explosive, ou « bombe météorologique ». En France, les rafales atteindront généralement 100 à 130 km/h sur les côtes de la Manche, localement 140 km/h sur les caps, et 70 à 100 km/h dans les terres jusqu’au Bassin parisien.
Octobre 1987 : la référence historique
Difficile d’évoquer les tempêtes d’octobre sans revenir sur la nuit du 15 au 16 octobre 1987. Improprement surnommée « ouragan de 1987 », cette dépression extratropicale reste l’une des tempêtes les plus violentes observées sur le nord-ouest de la France.
La pression chute alors jusqu’à 948 hPa à Ouessant. Les rafales deviennent exceptionnelles : 216 km/h à la pointe du Raz, environ 200 km/h à Ouessant, plus de 180 km/h sur certains secteurs de la Manche et des vents supérieurs à 140 km/h sur une grande partie de la Bretagne. Les forêts, ports et réseaux électriques subissent des dégâts considérables.
Austen restera très loin de ces niveaux selon les prévisions actuelles. Le point commun réside surtout dans le mécanisme : dans les deux cas, un courant-jet puissant favorise un creusement rapide de la dépression.
Alex en 2020 : 186 km/h dès le 2 octobre
Plus récemment, Alex avait montré qu’une tempête particulièrement violente pouvait se produire dès le début du mois. Dans la nuit du 1er au 2 octobre 2020, un creusement très rapide avait propulsé une petite mais très virulente dépression vers la Bretagne.
Une rafale de 186 km/h avait été enregistrée à Belle-Île-en-Mer, record absolu de la station, contre 157 km/h sur l’île de Groix et 142 km/h à Granville. Un phénomène de sting jet, bande étroite de vents extrêmement violents associée à certaines dépressions explosives, avait participé à ces valeurs remarquables.
Alex avait ensuite joué un rôle dans l’épisode méditerranéen catastrophique des Alpes-Maritimes, avec plus de 500 mm de pluie en 24 heures localement. Sa trajectoire et ses conséquences étaient donc beaucoup plus atypiques que celles attendues avec Austen.
Benjamin en 2025 : le précédent le plus proche d’Austen
La comparaison la plus intéressante est sans doute celle avec Benjamin, qui avait frappé la France le 23 octobre 2025, exactement un an jour pour jour avant Austen.
Benjamin avait balayé une portion beaucoup plus large du territoire, de l’Atlantique jusqu’à la Corse. Les rafales avaient dépassé 100 km/h sur environ 10 % du pays, atteignant notamment 161 km/h en Seine-Maritime et 168 km/h au Cap Corse. Jusqu’à 140 000 foyers avaient été privés d’électricité au plus fort de la tempête.
Austen s’annonce davantage concentrée sur la Bretagne, la Normandie, les Hauts-de-France et la Manche, avec des vents moins forts dans l’intérieur. En revanche, son passage sera accompagné d’une mer très forte et d’une importante houle, particulièrement sur les côtes exposées.
Alors, Austen est-elle une tempête exceptionnelle ?
À ce stade, non. Austen constitue une tempête automnale solide et sa cyclogenèse explosive est remarquable, mais les rafales prévues restent très inférieures aux valeurs observées en 1987 ou lors d’Alex en 2020.
Elle se rapproche davantage, par sa période et son contexte, des tempêtes automnales fortes comme Benjamin, même si son emprise géographique devrait être plus limitée.
Cela ne signifie pas que ses conséquences seront anodines. Des rafales de 100 à 140 km/h peuvent provoquer chutes d’arbres, coupures d’électricité et perturbations dans les transports. Le risque est d’autant plus important en octobre que de nombreux arbres portent encore leurs feuilles, offrant davantage de prise au vent.
Austen ne devrait donc pas rejoindre la courte liste des tempêtes historiques d’octobre, mais elle rappellera que la saison des grandes dépressions atlantiques est désormais bel et bien lancée.