Sécheresse : pourquoi les pluies contournent la France jusqu’à fin septembre
La sécheresse continue de s’aggraver sur une grande partie de la France et aucune amélioration franche ne se dessine d’ici la fin septembre.
La sécheresse va encore s'aggraver © LCM
Le pays se retrouve coincé entre les perturbations atlantiques rejetées vers le nord de l’Europe et les dégradations orageuses circulant davantage sur la Méditerranée orientale. Résultat : les pluies contournent littéralement le territoire, tandis que les hautes pressions maintiennent un régime durablement sec.
La France au milieu d’un véritable « trou sec »
La carte des cumuls attendus jusqu’à la fin septembre est particulièrement parlante. L’Atlantique Nord, les îles Britanniques et une partie de l’Europe du Nord recevront régulièrement des précipitations, tandis que des pluies parfois abondantes concerneront également les Balkans, l’Italie et certains secteurs de Méditerranée.
Entre ces deux zones, la France apparaît largement à l’écart des précipitations les plus significatives. Sur de nombreuses régions, les cumuls resteront très faibles, voire quasiment inexistants.
Cette situation prolonge un déficit hydrique déjà considérable après l’été exceptionnellement chaud et sec que nous venons de connaître.
Les cumuls de PLUIE s'annoncent inexistants © LCM
Pourquoi les perturbations atlantiques passent au nord ?
Le responsable principal est le maintien de hautes pressions sur la France et l’Europe occidentale.
Cet anticyclone agit comme un véritable bouclier. Les perturbations venues de l’Atlantique arrivent bien jusqu’aux portes de l’Europe, mais elles sont déviées vers les îles Britanniques, la Scandinavie et le nord du continent.
Pour qu’une perturbation arrose efficacement la France, il faudrait que le courant-jet et les dépressions atlantiques redescendent davantage vers nos latitudes. Pour l’instant, le blocage anticyclonique empêche cette circulation de s’installer durablement.
Même les pluies méditerranéennes passent à côté
À l’autre extrémité du pays, l’instabilité méditerranéenne ne profite pas davantage à la France.
La Méditerranée reste particulièrement chaude et alimente régulièrement de fortes dégradations orageuses. Mais celles-ci se concentrent surtout sur l’Italie, les Balkans, la Grèce ou encore la Turquie.
La France méditerranéenne reste donc souvent en marge des épisodes les plus pluvieux. Quelques averses ou orages restent possibles ponctuellement, mais sans véritable arrosage généralisé.
C’est ce double verrou qui explique la situation actuelle : les pluies océaniques passent au nord, les pluies méditerranéennes passent à l’est.
Dorsale anticyclone © LCM
Un blocage anticyclonique qui va encore durer
La tendance ne montre pas de changement de régime rapide. Les hautes pressions vont rester dominantes jusqu’à la fin du mois, maintenant les perturbations loin de la France.
Il y aura bien quelques passages nuageux, quelques averses locales ou de faibles fronts sur les régions les plus exposées, mais rien qui puisse véritablement enrayer la sécheresse.
La pluie efficace, régulière et étendue restera donc absente.
Pourquoi quelques millimètres ne suffisent plus ?
Après plusieurs mois déficitaires, il faudrait désormais de longues séquences pluvieuses pour réellement améliorer la situation.
Une averse de 5 ou 10 mm humidifie temporairement la surface, mais ne recharge pas les sols en profondeur ni les nappes. Après un été très chaud, la végétation et les premiers horizons du sol ont accumulé un déficit considérable.
Pour commencer à inverser durablement la tendance, il faudrait plusieurs perturbations successives, avec des pluies modérées étalées sur plusieurs jours.
Podium des septembre les plus secs © LCM
Une sécheresse appelée à se prolonger
Cette absence de pluie aura des conséquences directes sur les cours d’eau, les sols, l’agriculture et la végétation. Les restrictions d’eau resteront donc d’actualité dans de nombreux secteurs et le risque d’incendie restera également anormalement élevé pour la saison dans les zones les plus sèches.
À ce stade, aucun véritable changement durable de régime ne se dessine avant octobre. Et même si des épisodes pluvieux peuvent ponctuellement se produire, une amélioration généralisée nécessitera vraisemblablement l’installation d’une circulation atlantique beaucoup plus active.
La France reste donc, pour l’instant, littéralement encerclée par les pluies mais durablement coincée dans le sec.