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El Niño se renforce : le risque d'un épisode "Godzilla" se confirme

Par Régis Crépet, météorologue
mis à jour le

Depuis la publication de notre article du 20 juillet, les dernières analyses confirment une intensification rapide d'El Niño. Les principaux centres de prévision estiment désormais qu'un épisode très fort est hautement probable d'ici la fin de l'année. Faut-il pour autant redouter un véritable « Godzilla » et quelles pourraient être les conséquences en Europe ?

El Nino est bien visible dans l'océan Pacifique © La Chaine Météo

Mise à jour du 31 juillet 2026

Les dernières analyses confirment le renforcement d'El Niño dans le Pacifique tropical. Les eaux de surface continuent de se réchauffer et le couplage entre l'océan et l'atmosphère s'intensifie, deux éléments caractéristiques d'un épisode appelé à se renforcer dans les prochains mois. Les modèles donnent désormais environ 81 % de probabilité qu'El Niño atteigne une intensité très forte ("Very Strong") entre octobre et décembre, avec 97 % de chances qu'il persiste jusqu'au printemps 2027.

Quelle est l'évolution en ce mois de juillet ?

El Niño correspond à un réchauffement durable des eaux du Pacifique équatorial central et oriental, associé à une modification des alizés et de la circulation atmosphérique tropicale. Les dernières observations confirment que l’océan et l’atmosphère fonctionnent désormais ensemble pour renforcer le phénomène. L’indice mesuré dans la région du Pacifique où se produit le phénomène atteignait +1,47 °C autour du 12 juillet, tandis que les alizés se sont nettement affaiblis, voire inversés par endroits. Les eaux profondes se réchauffent également dans l’est du Pacifique, signe que l’épisode dispose encore d’un important potentiel d’intensification.

Vers un El Niño très puissant, mais le terme « Godzilla » reste médiatique

Les modèles prévoient désormais un El Niño fort à très fort durant l’automne boréal. Les services américains estiment à 81 % la probabilité d’un épisode « très fort » entre octobre et décembre (*), qui pourrait figurer parmi les plus intenses observés depuis 1950, dépassant possiblement celui de 2015. L’expression « El Niño Godzilla », en référence au monstre gigantesque du cinéma japonais, est parfois employée dans les médias pour décrire cette ampleur potentielle. Cette appellation « El Niño Godzilla » a été inventée pour la première fois en 2015 par Bill Patzert, climatologue à la NASA. Elle ne correspond toutefois à aucune catégorie scientifique officielle : les organismes internationaux parlent simplement d’épisode faible, modéré, fort ou très fort.

Des conséquences indirectes pour l'Europe

El Niño peut déplacer les grandes zones de pluies tropicales et modifier les régimes de températures, de sécheresse ou de précipitations à l’échelle planétaire. Un temps plus sec est notamment favorisé en Australie et dans certaines parties de l’Asie, tandis que les pluies peuvent devenir plus abondantes dans le Pacifique oriental, le sud des États-Unis ou certaines régions d’Afrique.


Un El Niño très fort ne signifie pas automatiquement un hiver ou un été particulier en France. Son influence sur l'Europe occidentale est beaucoup plus indirecte que sur le Pacifique ou l'Amérique. Il modifie les grandes circulations atmosphériques et peut influencer les probabilités saisonnières, mais ne permet pas de prévoir précisément le temps qu'il fera sur notre pays.

El Niño n’explique donc pas la chaleur exceptionnelle observée en France cet été, liée avant tout aux configurations atmosphériques régionales. Ses effets éventuels seront davantage surveillés à partir de l’automne et durant l’hiver, sans qu’il soit possible, à ce stade, d’en déduire précisément le temps qu’il fera en France. Statistiquement, on observe cependant davantage d'hivers doux et pluvieux en France lors des années El Niño.

*Source : NOAA – Climate Prediction Center, bulletin ENSO du 9 juillet 2026.

Mise à jour du 31 juillet 2026 : Les dernières analyses de la NOAA et de l'Organisation météorologique mondiale confirment le renforcement d'El Niño au cours de l'été 2026. Les modèles accordent désormais une probabilité très élevée à un épisode fort à très fort d'ici la fin de l'année, tout en rappelant que l'intensité du phénomène ne permet pas, à elle seule, de prévoir précisément ses conséquences régionales, notamment en Europe

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