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Ce 1er septembre, premier jour de l'automne météorologique

Par Regis CREPET, météorologue

Ce 1er septembre marque le début de l’automne météorologique après un été que certains ont trouvé quasi inexistant. Cette date ne signifie pas que les beaux jours sont définitivement terminés, mais marque un tournant pour les météorologues. Cela dit, l’équinoxe d’automne reste toujours fixé au 21 septembre sur le calendrier. Alors, pourquoi fait-on débuter l’automne en ce 1er septembre ?

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Cette date est plutôt symbolique, mais, associée au contexte de rentrée scolaire et de reprise, elle nous fait déjà penser que l’été se termine et que les beaux jours s’éloignent. Pourtant, bien souvent, l’été n’est pas terminé et des vagues de chaleur tardives se produisent certaines années. Mais, après un été souvent morose cette année, ce 1er septembre, jour du début de l’automne météorologique, semble accélérer l’avancée inexorable vers les mauvais jours. Avant de savoir si de belles périodes sont encore possibles, expliquons d’abord pourquoi l’automne météorologique débute en ce 1er septembre.

L’automne, une intersaison liée à la diminution de la durée du jour

Les saisons sont une conséquence directe de la course du soleil dans notre ciel, en relation avec le circuit elliptique de la Terre autour de notre étoile. Quels que soient les changements climatiques à venir, il y aura toujours des saisons aux hautes latitudes en raison de l’obliquité du rayonnement solaire à la surface de la Terre. Les zones intertropicales, recevant globalement à peu près le même rayonnement solaire tout au long de l’année, ont, quant à elles, des fluctuations saisonnières nettement plus faibles.

Les deux saisons principales sont l’été (la saison chaude) et l’hiver (la saison froide). Les deux autres saisons ne sont que des « intersaisons » dont les particularités sont d’opposer des masses d’air très différentes, froides et chaudes, provoquant ainsi de grandes amplitudes thermiques et des phénomènes météo souvent violents.

L’automne marque donc une diminution rapide de la durée de l’ensoleillement, déjà perceptible après la mi-août, suivie d’une baisse des températures, toute aussi rapide, mais décalée, notable en octobre, en raison de l’inertie atmosphérique. Cette notion permet d'expliquer pourquoi les saisons "météorologiques " sont décalées par rapport à la date effective, dite "calendaire", au moment des équinoxes et des solstices. D'autre part, par souci de cohérence lors de l'élaboration des moyennes climatiques saisonnières, il est plus pratique d'utiliser des mois entiers plutôt que d'élaborer des normes débutant sur des dates changeantes. Ainsi, les saisons sont définies par trimestres. Pour l'automne, les moyennes sont donc calculées sur le trimestre septembre-octobre-novembre. Puis, le 1er décembre correspond au début de l'hiver météorologique, qui s'étend jusqu'à la fin février.

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L’inertie atmosphérique explique le décalage des saisons par rapport au soleil

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Nous observons un décalage des températures par rapport à la course du soleil, car l’atmosphère, et a fortiori les océans, marquent un certain délai avant de se réchauffer ou de se refroidir. C’est le principe de l’inertie. Ainsi, si le soleil est au zénith le 21 juin dans l’hémisphère nord, jour du solstice d’été, l’atmosphère absorbe encore davantage de chaleur pendant quelques semaines. Par conséquent, dans nos latitudes tempérées comme la France, la période la plus chaude de l’année est, statistiquement, fin juillet. De même, pour l’hiver, alors que le solstice est le 21 décembre, il faut encore du temps pour que l’atmosphère, la surface terrestre et les mers se refroidissent encore. Ce refroidissement abouti à la période la plus froide de l’année autour du 10 janvier. Il y a donc un décalage dans les saisons météorologiques pour ces simples raisons. C’est la raison pour laquelle, en automne, nous pouvons encore bénéficier de belles journées estivales, voire de vagues de chaleur tardives, comme l’année dernière.

Automne 2021 : peut-on espérer une belle arrière-saison ?

La configuration météorologique de cet été sur la France fut radicalement différente de ces 5 dernières années. Les amateurs de soleil et de douceur pourront-ils se rattraper en septembre ? Selon nos prévisions saisonnières, actualisées le 10 de chaque mois, le mois de septembre devrait être plutôt beau et plus doux que les moyennes. Il pourrait s'accompagner d'un certain déficit de pluie sur l’hexagone, hormis autour de la Méditerranée où les premiers épisodes cévenols pourraient se produire. Ainsi, la première décade du mois pourrait être assez chaude puis orageuse, mais cette situation devrait s’améliorer à nouveau partir de la semaine du 13, avec le retour de conditions météo plus stables. On peut donc envisager une assez belle arrière-saison, avec un mois de septembre plus chaud que les moyennes de l’ordre de +1,5°C. Cependant, la fiabilité de cette évolution reste à confirmer, car il n’est pas exclu que cette belle évolution soit retardée, comme ce fut le cas bien souvent durant cet été. 

En conclusion, on retiendra que la notion de saison météorologique est surtout liée à la nécessité de faire débuter les saisons au 1er de chaque mois. Les saisons couvrent ainsi trois mois pleins. Mais on trouve aussi des raisons plus objectives telles que le décalage des saisons par rapport à la course du soleil, s'expliquant par l'inertie de l'atmosphère. Cela n'enlève rien aux dates traditionnelles calées sur les solstices et les équinoxes, qui figurent sur vos calendriers. 

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