Douceur remarquable et sans fin : l’hiver est-il déjà terminé ?
Après un hiver exceptionnellement doux et humide, la France bascule dans une ambiance très printanière depuis ce début mars, et cela ne semble pour l'instant pas s'arrêter. Peut-on considérer que l’hiver 2025-2026 est définitivement derrière nous ?
Le printemps s'est durablement installé sur la France © Image d'illustration @Adobe Stock
La Chaîne Météo : en quoi la douceur que nous connaissons depuis le début de l'hiver est-elle remarquable ?
Régis Crépet : oui, elle est remarquable et à plus d'un titre. L’hiver météorologique 2025-2026 (décembre à fin février) se classe au 4ᵉ rang des hivers les plus doux depuis 1900, avec une anomalie thermique d’environ +1,7 °C par rapport aux normales saisonnières. Février a été anormalement doux, avec +3,5 °C au-dessus des normales 1991-2020 et aucun jour sous la moyenne, plaçant ce mois au 2ᵉ rang des février les plus doux depuis le début des relevés. Parallèlement, rappelons aussi que la France a connu en plus de cette douceur 35 à 36 jours consécutifs de pluie, un record depuis 1959 au sein d'un hiver globalement très humide.
La douceur actuelle est-elle en train de battre des records ?
Oui. Depuis le début mars, le temps a basculé vers le retour du soleil et les températures restent nettement au-dessus des normales saisonnières sur l’ensemble du pays, prolongeant une période douce mais humide amorcée le 12 janvier. Cette séquence représente une longue série d’anomalies chaudes : cette première décade du mois devrait être la plus douce jamais relevée, devant celle de 1997.
Jusqu’à quand cette douceur remarquable devrait-elle durer ?
Notre tendance à quatre semaines montre que la douceur devrait persister au moins jusqu’à la mi-mars, atteignant alors une durée de deux mois consécutifs au-dessus des moyennes. Une baisse des températures autour du week-end du 15 mars est envisagée, mais la fiabilité est limitée, la baisse des températures pouvant encore être repoussée. Les signaux suggèrent toutefois une éventuelle transition vers une configuration plus fraîche en dernière décade.
On a déjà évoqué les risques que cette douceur fait peser sur la végétation en cas d'épisode de gel, est-ce qu'un coup de froid est en vue ?
En effet, la douceur exceptionnelle a favorisé une avance du réveil végétatif, notamment chez les fruitiers et certaines cultures précoces qui ont pour certaines près de trois semaines d'avance. Si, comme je l'ai dit précédemment, nous ne voyons pour le moment pas d'épisode de froid, statistiquement, le risque de gel persiste : rappelons qu'en plaine, des gelées peuvent survenir jusqu’au 10 avril, voire parfois au-delà localement selon les configurations nocturnes. Les prochaines semaines sont donc surveillées de près par nos équipes concernant ce paramètre.