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Première quinzaine de février : douceur marquée et pluviométrie record

Par Cyrille Duchesne, météorologue
mis à jour le

La première moitié du mois de février 2026 a été atypique d'un point de vue météorologique. Dominée par un flux océanique dynamique et durable, elle a conjugué douceur marquée et pluies abondantes. Cette configuration atmosphérique, pilotée par une succession de dépressions atlantiques, a maintenu le pays sous influence perturbée, empêchant toutes incursions froides hivernales.

Une douceur remarquable, digne d’un début de printemps

Durant les 15 premiers jours de février, les températures ont affiché des niveaux nettement supérieurs aux normales de saison. Il a été observé en moyenne sur la France un excédent de températures de +3,1°C par rapport à la normale.

Bilan climatique de la 1ère quinzaine de février © La Chaine Météo

Les températures maximales ont presque quotidiennement dépassé les 10°C sur la moitié nord et 12-13°C sur la moitié sud, avec des pics de douceur de 18-20°C du sud de l'Aquitaine à la Méditerranée. Les gelées sont restées rares, cantonnées le plus souvent aux zones abritées lors de courtes accalmies nocturnes.

Une 1ère quinzaine de février très douce © La Chaine Météo

Cette douceur persistante s’explique par un flux dominant de sud-ouest, advectant des masses d’air subtropicales sur le pays. L’enneigement en moyenne montagne s’est temporairement dégradé, notamment sous 1500 mètres, en raison du redoux répété et des épisodes de pluie. En plaine, l’ambiance a parfois évoqué un mois de mars avancé, avec une végétation qui a pris de l'avance dans pas mal de régions.

Des pluies abondantes et parfois records

La pluviométrie a atteint des niveaux exceptionnels en cette première quinzaine de février 2026. Les passages perturbés se sont succédé à un rythme quasi quotidien, donnant des cumuls très excédentaires à la normale sud la plus grande partie du pays. Dans certaines villes, il est tombé en 15 jours l'équivalent de 2 mois de pluie. C'est le cas à Cognac avec 123 mm observés du 1er au 15 février pour une moyenne mensuelle de 51 mm. Même situation sur des villes comme Agen, Toulouse, Bordeaux, Le Mans, Nantes ou Nevers. Les régions méditerranéennes n'ont pas échappé à cette pluviométrie exceptionnelle. A Marignane, il est tombé 102 mm pour une moyenne mensuelle de 30 mm, ce qui correspond à un excédent de +243%.

Un début février exceptionnellement arrosé © La Chaine Météo

Les sols, rapidement saturés, ont favorisé la réaction des cours d’eau qui ont subi des crues importantes dans de nombreux bassins versants, sans pour autant atteindre partout des niveaux historiques. En montagne, ces précipitations se sont traduites par d’abondantes chutes de neige en altitude, alimentant un manteau neigeux instable au-dessus de 1800 à 2000 mètres. Les massifs de Savoie étaient en vigilance rouge aux avalanches le 12 février.

Un début février peu ensoleillé

L'ensoleillement de la première quinzaine de ce mois de février est déficitaire de -34% à la normale à l'échelle nationale. Cela s'explique par le courant océanique perturbé durable qui n'a pas permis au soleil de s'imposer durablement, les accalmies restant de courte durée.

Un début février peu ensoleillé © La Chaine Météo

En plaine d'Alsace, moins touchée que beaucoup d'autres régions par le courant perturbé océanique, les nuages bas et brouillards ont souvent été tenaces. Résultat, on ne décompte que 18 heures de soleil à Strasbourg en 15 jours, soit un déficit de -58% par rapport à la normale de 43 heures sur les 15 premiers jours de février.

Cette première quinzaine de février 2026 illustre une nouvelle fois la variabilité hivernale sous influence océanique : absence de froid cette année mais une énergie atmosphérique importante, génératrice de douceur et d’épisodes pluvieux intenses.

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