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Bilan de l'hiver 2021-2022 : doux, peu arrosé et bien ensoleillé

Par Cyrille DUCHESNE, météorologue
mis à jour le

L'hiver météorologique (décembre-janvier-février) s'achève ce 28 février. Il est donc l'heure de dresser un bilan de cet hiver 2021-2022 qui a été dominé par des conditions anticycloniques entrainant un déficit de précipitations et même une sécheresse hivernale remarquable dans le sud-est. Les périodes de temps doux ont été plus nombreuses que les périodes de froid et l'ensoleillement a été assez généreux.

Au cours de cet hiver 2021-2022, les températures ont été supérieures de 1,3°C en moyenne sur la France, une situation très proche du dernier hiver où l'excédent de température avait été de +1,2°C. Il s'agit du 9ème hiver consécutif où les températures sont supérieures à la normale calculée sur la période 1981-2010. Il faut donc retrouver à 2013 pour retrouver un hiver un peu froid avec un déficit de 0,3°C par rapport à la normale.

Crédit : La Chaîne Météo

Qu'est-ce qui a été marquant du point de vue des températures cet hiver ?

Cet hiver a été particulièrement doux dans le nord-est avec un excédent de température de 2,5°C à Strasbourg, 2,1°C sur des villes comme Reims ou Lille. Inversement, dans le sud avec des nuits froides par ciel dégagé en janvier, cet hiver a été plus conforme à la normale avec des écarts à la normale de 0,7°C seulement à Agen, Bastia ou Marseille.

On retiendra la période de douceur exceptionnelle entre Noël et le jour de l'an. Avec un indicateur thermique (moyenne de températures sur 30 villes) de 10,7°C entre le 24 et le 31 décembre, il s'agit de la fin d'année la plus douce jamais enregistrée depuis 1947. Des records mensuels de températures maximales ont été battus dans certaines grandes villes comme Nîmes avec 20,9°C ou Marseille avec 20,7°C. A noter aussi de nombreux records de douceur nocturne battus avec 12,4°C à Besançon, 13°C à Lille, 13,3°C à Metz et 13,9°C à Amiens.

Au cours de cet hiver, le nombre de jours de gel a été nettement inférieur à la normale sur les villes du nord de la France. A la station de Paris-Montsouris, on ne décompte que 5 jours de gel cet hiver contre 21 jours habituellement. Même constat à Lille avec seulement 13 jours de gel cet hiver pour une normale de 31 jours. A l'inverse, certaines villes du sud ont connu un nombre de jours de gel important cet hiver en raison de nuits dégagées, sèches et froides. A Albi, on décompte 41 jours de gel pour une normale de 32 jours. Dans cette ville, on dénombre pas moins de 21 jours de gel en janvier ; il faut d'ailleurs remonter à janvier 1987 pour retrouver autant de jours de gel en janvier !

L'hiver a été peu arrosé, faut-il déjà s'inquiéter d'une sécheresse précoce ?

Etant donné la prédominance des conditions anticycloniques cet hiver, les précipitations ont été déficitaires de 25% en moyenne sur la France mais on constate de grandes disparités régionales.

Le sud-est de la France a connu une sécheresse hivernale remarquable. Le déficit de précipitations est de l'ordre de 60% sur l'ensemble de l'hiver entre le Languedoc-Roussillon et la région PACA. Il atteint même 75% en Corse. Les mois de janvier et février ont exceptionnellement sec avec à 1 mm à Sète (34), 5 mm à Montpellier (34), 6 mm à Béziers (34), 11 mm à Nîmes (30), 13 mm à Alistro (2B) ou encore 19 mm à Orange (84). Cette sécheresse est trés préoccupante avec le printemps qui arrive et la végétation qui va avoir des besoins en eau croissants. Nos prévisions saisonnières ne sont guère rassurantes puisque la tendance est à un printemps doux et sec.

Si les 3/4 de la France ont connu un déficit pluviométrique cet hiver, quelques régions ont connu un bilan pluviométrique plus favorable comme les régions proches des Pyrénées, l'Ile-de-France ou encore le Jura et les Alpes du Nord.

On retiendra l'épisode de neige très actif qui a concerné nos montagnes début décembre. Les Pyrénées et les Alpes du Nord ont été les mieux servies avec des quantités de neige record pour cette période de l'année. A la station nivose d'Arette La Pierre Saint-Martin à 1650 m dans les Pyrénées Atlantiques, on observe 1,37 m de neige le 6 décembre, valeur la plus élevée depuis l'ouverture de la station en décembre 1971. Dans les Alpes du Nord, la station de Chamonix à 1000 m d'altitude observe 70 cm de neige le 10 décembre, 2ème valeur la plus élevée après celle du mois de décembre 1959 avec 85 cm. La station du Gua à 1650 m dans le Vercors observe 1,63 m de neige le 10 décembre, une valeur record jamais enregistrée en 25 ans de mesure. Suite à ces fortes chutes de neige le risque d'avalanches était très élevé sur ces massifs.

Crédit : La Chaîne Météo

Par ailleurs, des crues et inondations ont concerné le sud-ouest début décembre. Ainsi, à Laruns (64), il est tombé 515 mm de pluies entre le 27 novembre et le 11 décembre, ce qui correspond deux mois et demi de précipitations. Ces précipitations abondantes et continues ont provoqué des crues et des inondations. Ainsi, la Nive, l'Adour et les Gaves ont subi des crues assez importantes.

Crédit : La Chaîne Météo

Un mois plus tard, un nouvel épisode de crues et d'inondations a concerné les régions proches des Pyrénées les 9 et 10 janvier. Sous l'effet d'un flux de nord-ouest très dynamique, il tombe jusqu'à 150 millimètres de précipitations en 48 heures et les pluies, combinées à un redoux qui entraîne une fonte partielle de la neige à moyenne altitude, provoquent d'importantes crues et inondations avec une alerte de niveau rouge sur le Gave d'Oloron.

Le soleil a-t-il vraiment été généreux au cours de cet hiver ?

Il faut relativiser les choses car là encore on observe de grandes disparités à l'échelle du territoire. Si l'ensoleillement en moyenne sur la France présente un excédent proche de 10%, les régions du nord-ouest ont connu un hiver peu ensoleillé avec un déficit d'un peu plus de 20% à Caen et Rennes. Inversement, l'ensoleillement a été généreux sur une large moitié sud avec un excédent de 23% à Clermont-Ferrand, 24% à Nice, 29% à Pau et jusqu'à 35% à Montélimar !

L'ensoleillement en montagne aura été globalement généreux cet hiver en raison des phénomènes d'inversion de températures favorisant le soleil en altitude et les nuages bas dans les plaines.

Pourquoi 2 tempêtes Eunice et Franklin touchent l'extrême nord au sein d'un hiver calme ?

Pendant quelques jours, à la mi-février, l'anticyclone des Açores regagne ses bases tandis qu'un flux océanique très dynamique s'oganise entre Terre-Neuve et l'Europe de l'Ouest. Plusieurs dépressions très creuses trouvent leur énergie en lien avec un puissant Jet-stream en altitude ainsi qu'un important conflit de masse d'air entre de l'air subtropical et de l'air d'origine polaire. Des vents tempétueux balayent la Manche et les Hauts-de-France au passage des tempêtes Eunice et Franklin les 18 et 20 février. Un record absolu de vent est battu au cap Gris-Nez avec une rafale à 176 km/h. D'importants dégâts sont observés en région Nord-Pas-de-Calais.

Crédit : La Chaîne Météo

En conclusion, il faut espérer qu'après cet hiver sec, des périodes de temps humides s'observent au printemps pour atténuer une sécheresse qui se met en place sur de nombreuses régions et notamment dans le sud-est où la situation va vite devenir problématique si la pluie ne vient pas...

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