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2020 : le début d'année le plus chaud jamais enregistré en France

Par Quentin PERCEROU, rédacteur

La crise sanitaire du COVID-19 nous en ferait presque oublier la crise plus discrète mais toujours bien présente du réchauffement climatique. En France, ce début d'année est devenu le plus chaud jamais observé depuis le début des mesures.

2020 : le début d'année le plus chaud jamais enregistré en France

Après l’hiver le plus chaud relevé depuis 1900 en France, on aurait pu s’attendre à ce que les anomalies positives de température ne s’emballent pas plus. Certains ont en mémoire la parenthèse froide de la seconde quinzaine de mars alors que nous entrions dans le confinement et que de l’air polaire s’infiltrait sur le territoire. Ou encore les fortes gelées au tout début du mois d’avril. Malheureusement, cette parenthèse froide n’a pas suffi à faire du mois de mars un mois plus frais que la moyenne avec une anomalie tout juste positive de +0,7°C.

Avril 2020 : le 3e plus chaud depuis le début des relevés

Pis encore, la parenthèse froide s’est cassée les dents sur de nombreux records de chaleur sur le nord du pays pour une première décade d’avril. De nombreux records sont tombés comme ceux de Rouen et Paris le 9 avril avec respectivement 25,3°C et 27,1°C. Il n'avait jamais fait aussi chaud sur ces villes et aussi tôt. Idem du côté de la Bretagne le lendemain où Brest et Saint-Brieuc ont observé leur journée de chaleur la plus précoce au 10 avril avec plus de 25°C. Ces valeurs sont supérieures de 10 à 12°C au-dessus des normales...

Le mois d’avril 2020 s’est donc achevé avec une anomalie positive de +3°C, ce qui en fait le 3e mois d’avril le plus chaud enregistré après les mois d’avril 2007 (+3,6°C) et avril 2011 (+3,3°C).

Ce début d’année 2020 jusqu’à présent enregistre un écart aux normales de +2,3°C. C’est la plus forte anomalie enregistrée devant celle de 2007 et 2014. Le mois d’avril 2020 est aussi le 11e mois consécutif à être plus chaud que la moyenne. De juin 2019 à avril 2020, la France n’a donc connu que des mois plus doux ou plus chauds que la moyenne. Là encore, il s’agit d’une série jamais vue.

Et on ne peut pas dire que le début du mois de mai présente des températures plus conformes à la saison. Pour le sud-ouest, cela a même été tout l'inverse.

Un nouveau record national décadaire de chaleur

35,4°C à Cambo-les-Bains dans les Pyrénées-Atlantiques. C’est le nouveau record national de chaleur pour une première décade de mai établi le 4 mai. La remontée d’air chaud sur notre pays, couplé à un effet de fœhn, ont permis cette température digne d’un mois de juillet. Elle est supérieure de… 15°C par rapport aux normales de mai.

Non loin, Biscarrosse battait son record décadaire de chaleur avec 32°C. Au Pic du Midi, on a aussi relevé, à quelques 2880 mètres d’altitude, 13,4°C. Cette température bat l’ancien record décadaire du 8 mai 1945 et ses 12,2°C.

Le lendemain matin, mardi 5 mai, le thermomètre n’est pas descendu en-deçà de 17,7°C à Lyon et 17,5°C à Montauban. Il s’agit de records de température minimale décadaire pour les deux villes, ou de nuits les plus chaudes jamais observées pour la première décade de mai pour ces villes.

Mai semble donc parti sur les chapeaux de roues pour perpétuer la série la plus longue de mois anormalement plus chauds que la moyenne en France. Les Saints de Glace, qui surviendront lors de la période du déconfinement, pourraient interrompre la série thermique anormalement douce que nous connaissons depuis le début avril. Suffisamment pour interrompre la série de 11 mois consécutifs anormalement chauds ? Rien n’est moins sûr.

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