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Printemps 2019 : assez sec, alternant douceur et fraicheur

Par Cyrille DUCHESNE, météorologue

Le printemps météorologique (mars-avril-mai) est sur le point de se terminer. Un premier bilan de cette saison printanière montre que les températures ont été contrastées avec un début de printemps doux (excédent de +1,4°C en mars) tandis que le mois de mai a été frais (déficit de -1,4°C). Les précipitations sont inférieures de 13% à la normale en moyenne sur la France avec un mois de mars historiquement sec sur le pourtour méditerranéen.

Printemps 2019 : assez sec, alternant douceur et fraicheur

Un mois de mars doux et très sec au sud

Le mois de mars 2019 a été perturbé au cours de la première quinzaine du mois avec plusieurs épisodes de vent fort et des pluies fréquentes sur un tiers nord du pays. Le 10 mars au passage de la dépression Gareth on a observé jusqu'à 116 km/h à Lille et 136 km/h sur le littoral du Cotentin. La plus violente rafale a été enregistrée le 4 mars à Belle île avec 151 km/h ! A partir du 18 mars, les conditions anticycloniques se sont installées sur l'ensemble du pays avec un temps sec et ensoleillé et des températures fraîches le matin mais très douces l'après-midi. Au final, on observe un déficit pluviométrique de l’ordre de 30% sur la France mais on note de grandes disparités régionales avec un mois très arrosé dans l’extrême nord (113 mm à Charleville-Mézières) alors qu’on observe que 8 mm à Toulouse et pas la moindre goutte d’eau sur le littoral méditerranéen. Enfin, l’ensoleillement a été généreux sur la majeure partie du pays avec un excédent de l’ordre de 27% en moyenne sur la France.

 

Un mois d’avril avec des épisodes de fortes pluies dans le sud-est

Le mois d'avril 2019 a connu une météo très changeante avec un début de mois très frais contrastant avec une période de temps estival durant le long week-end de Pâques. De fréquentes gelées se sont produites en début de mois entrainant des dégâts sur les vignobles étant donné l'avance de la végétation. On a enregistré des gelées de -1 à -5°C en général et localement jusqu'à -9°C à Mourmelon en Champagne. Quelques jours plus tard, de l'air chaud a envahi le pays au cours du long week-end de Pâques avec jusqu'à 27°C sur des villes comme Paris, Strasbourg, Le Mans et Avignon.

Après un hiver historiquement sec, les régions du sud-est ont été bien arrosées alors que les régions du nord ont été souvent épargnées par les précipitations. Plusieurs épisodes pluvio-orageux ont concerné le bassin méditerranéen avec des cumuls de pluie les plus importants observés sur les Cévennes, les Pyrénées-Orientales et les Alpes-Maritimes. A Nice avec un cumul de pluie de 130 mm, il est tombé près de deux fois ce qu'il tombe habituellement en avril. Si les dépressions ont souvent circulé en Méditerranée, les précipitations ont été beaucoup moins abondantes et moins fréquentes sur la partie nord du pays. On note un déficit de précipitations de 20 à 60% du Nord au Centre en passant par l'Ile-de-France.

 

Un mois de mai frais avec des gelées tardives et de la neige en Corse

Au cours de ce mois de mai, les flux de nord à nord-ouest ont largement dominé maintenant des températures nettement inférieures aux normales de saison au cours des deux premières décades. Les matinées des 5 et 6 mai ont été particulièrement froides avec de fréquentes gelées. Des records de froid ont même été battus dans le nord-ouest avec -0,2°C à Brest, -1,6°C à Pontoise et -2,4°C à Beauvais. Le 15 mai une goutte froide d’altitude provoque de l’instabilité et une chute des températures ; la neige s’invite dès 600 mètres d’altitude sur le relief corse. Les températures reprennent quelques degrés en fin de mois mais ce qui est marquant au cours de ce mois de mai c’est l’absence d’épisodes de chaleur généralisé, ce qui n’était pas le cas ces dernières années.

Les précipitations de ce mois de mai sont très hétérogènes selon les régions. Au nord, une perturbation très active a donné beaucoup de pluies les 10 et 11 mai sur un axe allant de la Normandie à la Lorraine en passant par l'Île-de-France. On a même battu un record de précipitations en 24 heures pour un mois de mai à Orly avec plus de 60 mm. Quelques jours plus tard, un épisode de pluies abondantes a concerné les Pyrénées-Atlantiques entre le 17 et le 19 mai avec 139 mm de pluie tombés à Biarritz, correspondant à un peu plus d’un mois de pluie. En altitude, sur l’ouest de la chaîne pyrénéenne, il est tombé jusqu’à 30 cm de neige vers 1600 mètres.

En conclusion, ce printemps 2019 s’éloigne peu de la normale climatique calculée sur la période 1981-2010. Comme souvent en cette saison, on a observé des variations importantes de températures et de pluviométrie. Selon nos prévisions saisonnières, le mois de juin pourrait renouer avec des températures élevées mais avec des épisodes pluvio-orageux assez fréquents.

 

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