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Première grosse dépression de la saison en Atlantique Nord la semaine prochaine : quels impacts en Europe ?

Par Régis Crépet, météorologue
mis à jour le

Un "Nor’easter" sur la côte américaine, une dépression qui pourrait se creuser brutalement près de l’Irlande et, entre les deux, une nouvelle bouffée de chaleur en France : la semaine prochaine pourrait illustrer de manière spectaculaire le retour en force de la circulation atlantique. Une mécanique à l’échelle d’un océan, dans un contexte marqué par un El Niño exceptionnel.

La première forte dépression de l'Atlantique Nord est prévue la semaine prochaine © La Chaine Météo

Acte 1 : une puissante dépression naît près des États-Unis

Le scénario commence ce week-end au large de la côte est américaine. Une dépression va se renforcer en "Nor’easter", ces tempêtes qui doivent leur nom aux puissants vents de nord-est qu’elles génèrent sur la façade atlantique. Elles se produisent plutôt en hiver, et celle-ci serait donc particulièrement précoce.

Acte 2 : toute la machine atlantique se remet en marche

Mais le véritable scénario européen se joue plus loin à l’est. Le courant-jet va se renforcer sur l’Atlantique Nord et reprendre plusieurs anomalies dépressionnaires. Parmi elles figurent les restes de Fay, petite dépression tropicale actuellement au milieu de l’Atlantique. Certains scénarios météo envisagent une spectaculaire cyclogenèse (baisse rapide de la pression atmosphérique) en début de semaine prochaine, avec un minimum dépressionnaire pouvant devenir très creux à l’ouest de l’Irlande.

Acte 3 : une première tempête près de l’Irlande ?

La possibilité d’une dépression « particulièrement profonde » passant près du Royaume-Uni mardi ou mercredi est prise au sérieux par les services météo britanniques avec pluie, vent et possibles conséquences côtières. Rien ne permet encore de parler de tempête Austen, premier nom de la liste britannique 2026-2027 : sa trajectoire et surtout son intensité restent à préciser. Mais c’est le premier sérieux signal de la saison sur l’Atlantique Nord.

Acte 4 : avant les orages, la France aspire l’air chaud

A l'avant de la dépression atlantique, l'air chaud remontera sur l'Europe de l'ouest © La Chaine Météo

Paradoxalement, cette dépression pourrait d’abord renforcer la chaleur chez nous. En plongeant au large de l’Irlande tandis que les hautes pressions résistent sur l’Europe, elle ferait remonter un puissant flux de sud à sud-ouest. Mardi 29 septembre pourrait ainsi constituer un nouveau pic remarquable en France, avant l’arrivée d’un front pluvio-orageux mardi soir puis mercredi. C’est l’effet d’aspiration classique qui précède les grandes perturbations atlantiques.

Et derrière tout cela, l’ombre d’El Niño

Le Pacifique tropical est actuellement extraordinairement chaud et actif : l’humidité associée à l’ouragan Polo provoque déjà de fortes pluies jusque dans le sud-ouest des États-Unis, et l'humidité atmosphérique est drainée vers l'Atlantique. Le Nor’easter puisera cependant surtout son humidité dans l’Atlantique subtropical.

Cette séquence est cohérente avec les téléconnexions attendues d’un El Niño très puissant : perturbation du courant-jet sur l’Amérique du Nord puis probabilité accrue d’un temps plus humide et plus agité sur le nord-ouest de l’Europe en automne et au début de l’hiver.

La semaine prochaine pourrait donc donner un premier aperçu de la mécanique atmosphérique à surveiller dans les prochains mois. Pas une répétition générale de l’hiver à venir, mais un premier « plan-séquence » montrant comment un Pacifique bouleversé, l’Amérique du Nord et l’Atlantique peuvent se retrouver connectés par le courant-jet.

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