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Sécheresse en France : vers une nouvelle aggravation avec le retour du temps chaud et sec

Par Régis Crépet, météorologue
mis à jour le

Après un été 2026 exceptionnellement chaud et sec, les pluies et les orages de la fin août ont apporté un répit bienvenu à certaines régions. Mais cette amélioration devrait être de courte durée : le retour des hautes pressions et de la chaleur pourrait de nouveau accentuer l’assèchement des sols en ce début septembre, avec des conséquences environnementales mais aussi économiques.

© La Chaîne Météo

Un répit fin août insuffisant après un été exceptionnel

La sécheresse s’est fortement aggravée depuis le printemps sous l’effet du manque de pluie et des canicules successives. À la mi-août, les sols superficiels n’avaient jamais été aussi secs à l’échelle nationale depuis le début des mesures en 1959. Juillet, mois le plus chaud jamais observé en France, avait affiché un déficit pluviométrique de 67 %. Les pluies et les orages de la fin août ont temporairement humidifié les sols, parfois généreusement dans le sud et près des reliefs, mais sans compenser plusieurs mois de déficit hydrique. (1)

Peu de pluie en vue pour débuter septembre

Depuis ce mardi, les hautes pressions reprennent progressivement le dessus. Hormis quelques faibles pluies près de la Manche et de rares orages sur les reliefs, le temps va devenir largement sec, tandis que les températures augmenteront fortement en seconde partie de semaine. Au-delà du week-end, quelques dégradations restent possibles, mais les tendances à plus long terme ne dégagent actuellement aucun signal de pluies suffisamment généralisées et durables pour inverser la situation au cours de la première décade de septembre. La tendance de fond reste par ailleurs plus chaude que la normale pour les prochaines semaines.

Chaleur et sécheresse : une facture économique qui s’alourdit

Cet engrenage pèse aussi sur l’économie. Le gouvernement estime que les canicules de l’été 2026 pourraient coûter 10 à 15 milliards d’euros à la France, soit 0,3 à 0,5 point de PIB, entre pertes de productivité et dommages liés à la sécheresse et aux incendies. L’agriculture est particulièrement exposée, avec des tensions sur l’irrigation et des rendements affectés pour plusieurs productions : pommes, maraîchage, maïs, tournesol ou fourrages. (2)

La hausse se répercute déjà sur les prix agricoles : en juillet, ceux des légumes frais à la production étaient supérieurs de 10,8 % à juillet 2025, notamment en raison de récoltes réduites par la sécheresse. Les salades atteignaient +24,2 %, les carottes +17,5 % et les melons +15,1 %, contre +2,6 % pour les fruits frais. Si la sécheresse persiste en septembre, la pression pourrait se prolonger sur certaines récoltes d’automne, sans pouvoir encore en chiffrer précisément l’impact pour les consommateurs. (3)

Sources :
(1) Météo-France, bilan de la sécheresse et de l’humidité des sols en France, 18 août 2026 (modèle SIM).
(2) Estimation communiquée par la ministre de la Transition écologique le 12 août 2026.
(3) Insee, indices des prix agricoles à la production, juillet 2026.

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