Actualités Météo

Chaleur en septembre : jusqu’où le thermomètre peut-il grimper en France, les 40 °C sont-ils encore possibles ?

Par Gilles Matricon, météorologue
mis à jour le

Septembre marque le début de l’automne météorologique, mais certainement pas toujours la fin des fortes chaleurs. 30 °C, 35 °C et parfois près de 40 °C : la France a déjà connu de véritables coups de chaud à cette période de l’année. Septembre 2023 a même pulvérisé le record du mois le plus chaud à l’échelle nationale. Retour sur les épisodes les plus remarquables et les températures les plus élevées observées.

Records de chaleur en France en septembre © lachainemeteo

Septembre, un mois encore capable de fortes chaleurs

Sur le calendrier météorologique, l’automne commence le 1er septembre. Dans les faits, l’atmosphère peut encore conserver un caractère pleinement estival. Lorsque les hautes pressions s’installent sur l’Europe et qu'un flux de sud à sud-ouest fait remonter de l’air très chaud depuis la péninsule Ibérique ou l’Afrique du Nord, les températures peuvent dépasser 30 °C sur une grande partie de la France et franchir 35 °C localement.

L’histoire météorologique française compte ainsi plusieurs épisodes remarquables en septembre : 1949, 1961, 1987, 2016, 2020, 2022 et surtout 2023 figurent parmi les références. Les fortes chaleurs de plus de cinq jours restent néanmoins rares à cette période de l'année.

2023, septembre le plus chaud jamais mesuré en France

Le record est récent. Avec une température moyenne nationale de 21,1 °C, septembre 2023 est devenu le mois de septembre le plus chaud observé en France métropolitaine depuis le début des mesures en 1900. L'écart à la normale 1991-2020 a atteint +3,6 °C, très loin devant septembre 1949 (+2,7 °C) et septembre 1961 (+2,4 °C). Avant 2023, ces deux mois historiques occupaient les deux premières places du classement. Septembre 2016 avait également été remarquable et s'était classé parmi les plus chauds.

Le début du mois de septembre 2023 avait surtout été marqué par un épisode exceptionnel du 3 au 11. Une situation de blocage atmosphérique en « oméga » avait maintenu une masse d'air extrêmement chaude sur le pays pendant plusieurs jours. Le 4 septembre, la température moyenne nationale avait atteint 25,1 °C, un record pour une journée de septembre, devant les 24,7 °C du 4 septembre 1949.

Blocage en omega © lachainemeteo

Près de 40 °C : les plus gros coups de chaud de septembre

Même si les températures diminuent climatologiquement au fil du mois, des valeurs proches de 40 °C restent possibles dans le sud du pays.

Le 14 septembre 2022, Mont-de-Marsan avait par exemple atteint 39,2 °C, tandis que Bordeaux et Brive affichaient 37,5 °C. Ces températures avaient établi de nouveaux records mensuels dans plusieurs villes du Sud-Ouest. C'est à Pissos (40) qu'il a fait le plus chaud le 12 septembre 2022 avec 40,2°C, record de chaleur absolu pour septembre en France.

Deux ans plus tôt, le 14 septembre 2020, un pic de chaleur exceptionnel avait également concerné une grande partie du pays avec 37,9 °C à Orthez, mais aussi 35,3 °C à Creil et 35,1 °C à Lille. Pas moins de 45 des 155 stations du réseau principal avaient alors battu leur record mensuel de température maximale.

Plus loin dans le passé, septembre 1987 reste également une référence : du 12 au 22, les températures moyennes avaient évolué de 4 à 6 °C au-dessus des normales.

Même Paris peut dépasser 35 °C

Les très fortes chaleurs de septembre ne concernent d'ailleurs plus uniquement le sud de la France.

En septembre 2023, Paris-Montsouris a enregistré 35,1 °C le 8 septembre puis 35,5 °C le lendemain. La capitale a surtout connu neuf journées consécutives à plus de 30 °C entre le 2 et le 10 septembre, une série inédite.

Lors de cet épisode, certaines régions du nord et de l'ouest avaient même enregistré des températures plus élevées qu'au cours de l'été météorologique précédent. Une vigilance canicule avait été déclenchée dans 14 départements : c'était alors la première fois qu'une telle vigilance était activée en septembre depuis la création du dispositif en 2004.

Les fortes chaleurs tardives deviennent-elles plus fréquentes ?

Un épisode très chaud en septembre n'est pas nouveau : les références de 1949, 1961 ou 1987 le démontrent. Ce qui évolue, c'est le contexte climatique dans lequel ces épisodes se produisent.

Le changement climatique augmente la fréquence et l'intensité des épisodes de chaleur et favorise leur extension au-delà du cœur de l'été. Les vagues de chaleur peuvent ainsi se produire plus tôt au printemps et plus tard à l'automne.

Le spectaculaire mois de septembre 2023 en constitue une illustration : avec 21,1 °C de moyenne nationale et une anomalie de +3,6 °C, l'été avait largement joué les prolongations alors même que l'automne météorologique avait officiellement commencé.

Partager
À lire aussi
logo VIP
  • Paramètres premium
  • Bulletin détaillé sur 7 jours
  • Sans pub
  • TV Live et vidéos exclusives

Articles les plus lus