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Sécheresse : les grands lacs-réservoirs augmentent leur soutien aux rivières après la canicule de juin

Par Florent Schindler, météorologue
mis à jour le

Après un printemps sec et la canicule intense de fin juin, les débits de la Seine et de ses affluents baissent fortement. Seine Grands Lacs renforce les apports de ses lacs-réservoirs, alors qu’une nouvelle vague de chaleur se profile ce week-end.

La situation concernant les ressources en eau se tend en raison de la canicule et malgré un hiver très arrosé © La Chaîne Météo

Après un printemps sec et une canicule historique fin juin, les débits de la Seine, de la Marne, de l’Aube et de l’Yonne continuent de baisser. Seine Grands Lacs augmente donc les apports d’eau depuis ses lacs-réservoirs, alors qu’une nouvelle vague de chaleur est attendue en France à partir de ce week-end.

La situation hydrologique se tend sur le bassin amont de la Seine. Dans un communiqué publié ce jeudi 2 juillet, Seine Grands Lacs indique avoir engagé dès le 2 juin le déstockage progressif de ses lacs-réservoirs, avec près d’un mois d’avance sur le calendrier habituel.

En cause : un printemps sec, des débits déjà faibles fin mai, puis la canicule intense de fin juin, qui a accéléré l’assèchement des cours d’eau.

Les quatre grands lacs-réservoirs exploités par l’établissement - Der, Orient, Amance-Temple et Pannecière - servent à soutenir les débits de la Seine, de la Marne, de l’Aube et de l’Yonne pendant les périodes sèches. Leur rôle est essentiel pour préserver les milieux aquatiques, maintenir l’alimentation en eau potable, permettre le fonctionnement des stations d’épuration, assurer certains usages économiques et accompagner la navigation.

La canicule de juin a aggravé la baisse des débits

La vague de chaleur de fin juin, remarquable par sa durée et son intensité, a fortement sollicité la ressource en eau. Elle a duré 14 jours à l’échelle nationale et s’est terminée le 1er juillet. Sur le bassin de la Seine, cette séquence a accentué la baisse des débits et provoqué une forte évaporation sur les lacs-réservoirs : l’équivalent d’une piscine toutes les sept secondes.

Face à cette situation, les débits de soutien ont déjà été augmentés à deux reprises, les 22 et 25 juin, puis de nouveau ce 2 juillet sur l’Yonne via le lac de Pannecière. Sans ces apports anticipés, plusieurs cours d’eau auraient déjà atteint plus largement des seuils pouvant entraîner des restrictions d’usage, notamment sur certains tronçons de l’Yonne.

Une nouvelle vague de chaleur pourrait accentuer la tension

Le spectre de 1976 plane sur la situation actuelle qui continue de s'aggraver © La Chaîne Météo / METEO CONSULT

La vigilance reste de mise, car la situation intervient alors qu’une nouvelle hausse des températures est prévue par nos services à partir de ce week-end. Le retour d’un anticyclone sur l’Europe occidentale favorisera une remontée d’air très chaud depuis la péninsule ibérique, avec un risque de nouvelle vague de chaleur, voire de canicule selon les régions.

Au 2 juillet, les lacs-réservoirs stockent encore 662 millions de m³ d’eau, soit 84 % de leur capacité normale, un niveau jugé satisfaisant. Mais l’objectif est désormais de tenir dans la durée, si la sécheresse devait se prolonger au cœur de l’été, voire jusqu’à l’automne. Les usagers sont appelés à limiter leur consommation d’eau, à éviter les usages non indispensables et à respecter les restrictions décidées localement par les services de l’État.

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