Canicule : pourquoi certains réacteurs nucléaires doivent s’arrêter en cas de fortes chaleurs ?
Avec la canicule actuelle, la centrale nucléaire de Golfech, dans le Tarn-et-Garonne, est de nouveau sous surveillance. En cause : la température de la Garonne, qui sert au refroidissement du site.
EDF a stoppé le réacteur n°2 de la centrale de Golfech en raison d'un eau de la Garonne prévue à 28°C © Adobe Stock /Image d'illustration
Pourquoi Golfech est-elle concernée en ce moment ?
Lors des fortes chaleurs, la Garonne se réchauffe rapidement, surtout lorsque son débit baisse. À Golfech, EDF doit donc adapter sa production si la température du fleuve approche les seuils réglementaires. Il n’existe pas un seuil national unique pour toutes les centrales. Chaque site dispose de ses propres limites réglementaires, fixées selon le fleuve et son écosystème. À Golfech, la valeur clé est de 28°C pour la Garonne en aval de la centrale : au-delà, la production doit être réduite, voire interrompue, afin de limiter l’échauffement du fleuve. Cette valeur devrait être atteinte dans les prochaines heures.
Ce n’est pas une panne, ni un risque d’accident : c’est une mesure destinée à protéger le milieu naturel. Golfech a déjà été réduite ou arrêtée lors d’épisodes chauds récents, notamment en 2020, 2022, 2024 et 2025.
Pourquoi une centrale nucléaire a-t-elle besoin d’un fleuve ?
Une centrale nucléaire fonctionne comme une immense machine à vapeur. La chaleur produite par la fission de l’uranium transforme de l’eau en vapeur, qui fait tourner une turbine pour produire de l’électricité. Ensuite, cette vapeur doit être refroidie pour redevenir liquide. Pour cela, la centrale utilise une « source froide » : un fleuve, une rivière ou la mer.
Que se passe-t-il quand l’eau est déjà trop chaude ?
En période de canicule, le fleuve est déjà réchauffé par le soleil et les températures élevées. Si la centrale rejette une eau légèrement plus chaude, la température en aval peut dépasser les limites autorisées. Or, plus l’eau est chaude, moins elle contient d’oxygène. Les poissons et les écosystèmes aquatiques peuvent alors être fragilisés.
Pourquoi réduire ou arrêter un réacteur ?
Quand le fleuve approche de ses limites, EDF réduit d’abord la puissance du réacteur : moins de production, c’est moins de chaleur à évacuer. Si cela ne suffit pas, un arrêt temporaire peut être décidé. À Golfech, le seuil de 28°C dans la Garonne est particulièrement surveillé en été.
Est-ce déjà arrivé lors de précédentes canicules ?
Oui. Golfech a déjà été concernée à plusieurs reprises. En août 2020, un réacteur avait été arrêté plusieurs jours à cause de la température de la Garonne. En août 2022, la production avait aussi été contrainte lorsque le fleuve avait dépassé les seuils habituels. En juillet-août 2024, la production de Golfech avait été réduite d’environ 1 gigawatt. Et fin juin 2025, un réacteur avait été mis à l’arrêt alors que la Garonne approchait les 28°C.
Faut-il craindre une coupure d’électricité ?
À l’échelle de l’année, ces limitations restent généralement faibles. Mais lors d’une canicule durable, elles peuvent compliquer l’équilibre du réseau, surtout si la climatisation augmente la demande. Avec le changement climatique, ces situations pourraient devenir plus fréquentes : même l’atome dépend d’une eau suffisamment fraîche pour fonctionner à plein régime.