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35°C dans le sud-ouest fin mai : exceptionnel ou nouveau symptôme des étés précoces ?

Par Cyril Wuest, météorologue
mis à jour le

Le sud-ouest pourrait approcher localement les 35°C en cette fin mai 2026. Un tel niveau de chaleur reste remarquable pour la saison, mais il n’est plus inédit : depuis les années 2000, et surtout depuis les années 2010, les épisodes de chaleur très précoce se multiplient en France.

Dax sous les 35°C © Adobe Stock

35°C fin mai : un seuil encore très élevé pour la saison

Atteindre 35°C avant le mois de juin reste un marqueur fort. En météorologie, on parle de très forte chaleur à partir de 35°C : ce seuil est courant en été dans le sud du pays, mais il demeure inhabituel en mai, même dans le sud-ouest.

La nuance est importante : ce n’est pas impossible, mais cela reste climatologiquement exceptionnel. À cette période de l’année, les normales de maximales se situent encore très loin de ces niveaux. Un pic à 34 ou 35°C correspond donc à une anomalie marquée, souvent liée à une remontée d’air subtropical ou saharien, portée par un flux de sud à sud-ouest.

Des précédents existent, notamment fin mai 2001

Le sud-ouest a déjà connu des chaleurs comparables en mai. La référence moderne reste souvent la fin mai 2001, avec 35°C à Mont-de-Marsan le 29 mai et 35,2°C à Carcassonne le 30 mai, dans un contexte de chaleur très précoce et durable.

Cet épisode montre qu’une chaleur proche des standards de juillet peut s’installer avant l’été météorologique. Mais il s’agissait bien d’un épisode remarquable, pas d’une simple douceur de saison.

Depuis les années 2010, ces épisodes deviennent plus fréquents

Ce qui change, c’est la répétition. En mai 2022, la chaleur précoce avait concerné de nombreuses régions, avec des valeurs avoisinant 35°C dans le sud et de nombreux records mensuels battus.

Entre le 19 et le 22 mai 2022, près d’une trentaine de stations ont franchi le seuil des 35°C, un niveau qualifié d’exceptionnel pour un mois de mai.

Mai 2011, mai 2017 et mai 2022 illustrent cette tendance : les coups de chaleur précoces ne sont plus de simples curiosités statistiques. Ils s’inscrivent dans un climat plus chaud, où les masses d’air estivales remontent plus tôt et plus facilement vers la France.

Ce n’est pas banal, même si cela devient moins rare

Dire que 35°C fin mai devient plus fréquent ne signifie pas que cela devient normal. C’est toute la subtilité du diagnostic : le seuil est atteint plus souvent qu’autrefois, mais il reste très élevé dans la climatologie de mai.

Le réchauffement climatique augmente la probabilité, l’intensité et la précocité de ces épisodes. L’Europe se réchauffe plus vite que la moyenne mondiale, ce qui favorise des situations de chaleur plus précoces et plus intenses sur le continent.

Fin mai 2026 : un épisode à surveiller de près

Si les 35°C sont prévus dans le sud-ouest, l’épisode de cette fin mai 2026 devra donc être analysé avec nuance. Il ne serait pas sans précédent, mais resterait un pic de très forte chaleur précoce.

Le caractère exceptionnel dépendra de trois éléments : le niveau réel des maximales, l’extension géographique de la chaleur et sa durée. Un simple pic à 35°C sur une journée n’a pas la même portée qu’une séquence de plusieurs jours, avec des nuits très douces et des records mensuels approchés ou battus.

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