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Heure d'été Vs heure d'hiver : quelles différences pour notre corps ?

Par Florent Schindler, météorologue
mis à jour le

Deux fois par an, le changement d’heure perturbe notre horloge biologique. Mais entre heure d’été et heure d’hiver, les effets sur la fatigue, le sommeil et la vigilance ne sont pas les mêmes.

Le passage à l'heure d'été peut être plus dur à gérer que le passage à l'heure d'hiver © Adobe Stock / Image d'illustration

Le changement d’heure a-t-il vraiment un impact sur notre organisme ?

L’organisme humain fonctionne selon des rythmes circadiens, des cycles biologiques d’environ 24 heures qui régulent le sommeil, la température corporelle, la pression artérielle, les hormones, mais aussi l’attention et l’humeur. Cette horloge interne est en grande partie synchronisée par la lumière, captée par la rétine : la lumière du matin avance notre rythme, tandis que celle du soir le retarde.

Un point essentiel : notre horloge n’est pas parfaitement réglée sur 24 heures. Selon l’Inserm, elle tourne en moyenne autour de 24 h 10. Sans repères extérieurs, notre organisme aurait donc tendance à se décaler vers des horaires plus tardifs. C’est pourquoi il est biologiquement plus facile de retarder son rythme… que de l’avancer.

Pourquoi l’heure d’été fatigue-t-elle davantage ?

Au printemps, on « perd » une heure : à 2 heures du matin, il est déjà 3 heures. Pour notre corps, c’est un choc : il faut avancer brutalement l’horloge interne. Or, avancer son rythme est plus difficile que le retarder. Résultat, ce changement est le plus contraignant des deux. Dans les jours qui suivent, les effets sont bien connus :

- un sommeil plus court
- une fatigue plus marquée dès le matin
- une vigilance en baisse dans la journée

Certaines populations sont particulièrement sensibles : adolescents, enfants, personnes âgées, travailleurs de nuit ou encore personnes souffrant déjà de troubles du sommeil. Chez certains, l’horloge biologique ne s’ajuste même pas complètement à l’heure d’été, même après plusieurs mois.

Le passage à l’heure d’hiver est-il plus facile pour le corps ?

Globalement, oui. À l’automne, on « gagne » une heure : à 3 heures, il est de nouveau 2 heures. Ce décalage correspond davantage au fonctionnement naturel de l’organisme. L’adaptation est souvent plus rapide et la fatigue moins marquée. La lumière du matin, plus précoce, aide même à resynchroniser l’horloge interne. En revanche, la nuit qui tombe plus tôt peut peser sur le moral chez les personnes sensibles au manque de luminosité. Dans l’ensemble, les effets restent plus modérés :

- adaptation plus rapide
- fatigue moins intense
- sensation de récupération possible les premiers jours

Quelle est la vraie différence biologique entre les deux changements ?

Tout se joue dans le sens du décalage. Au printemps, on demande à notre corps d’avancer son rythme : c’est comme se lever plus tôt du jour au lendemain. À l’automne, on fait l’inverse : on le retarde, ce qui est plus naturel pour notre organisme. En résumé :

- avancer son horloge = difficile
- la retarder = plus facile

C’est cette asymétrie qui explique pourquoi les deux changements d’heure n’ont pas les mêmes effets sur la fatigue, le sommeil et la vigilance.

Tout le monde est-il affecté de la même façon ?

Non. Nous ne sommes pas tous égaux face au changement d’heure. Les personnes au chronotype tardif, les adolescents, les enfants, les personnes âgées, les travailleurs de nuit, ainsi que celles souffrant de troubles du sommeil, sont plus vulnérables. Chez elles, le décalage peut être plus marqué et durer plus longtemps. L’adaptation peut prendre quelques jours… mais parfois plusieurs semaines.

Ces impacts rappellent une chose essentielle : notre organisme dépend avant tout de la lumière naturelle. Un simple décalage d’une heure suffit à perturber cet équilibre.

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