Le retour d'El Nino cette année : vers une nouvelle hausse des températures planétaires ?
Après une La Niña faible ces derniers mois, les anomalies de température de surface du Pacifique équatorial se rapprochent progressivement de la neutralité. Les centres de prévision envisagent ensuite une probabilité croissante d’El Niño à partir de la seconde partie de 2026, avec un signal potentiellement plus net durant l’hiver 2026-2027. Cela pourrait avoir des répercussions sur le niveau mondial des températures.
La Nina commence à s'affaiblir dans l'océan Pacifique © La Chaine Météo
Alors que l'année 2025 a été la 3ème plus chaude au niveau planétaire après le pic record 2023/2024, une légère baisse s'est faite sentir depuis l'automne, aussi bien des océans que de la basse atmosphère. Mais ce léger recul sera sans doute éphémère, car la reprise d'El Nino devrait faire repartir ces températures à la hausse, entre cette année et 2027.
Après La Niña, amorce du réchauffement du Pacifique
L’épisode La Niña de ces derniers mois est resté plutôt faible, sans signature durablement intense. Les dernières mises à jour des oscillations océaniques australes (ENSO) convergent vers un retour vers des conditions neutres au fil de la fin d’hiver et du printemps 2026, à mesure que les anomalies de surface diminuent sur le Pacifique central et oriental.
Vers un risque El Niño plus marqué dans les prochains mois
À l’échelle saisonnière, le scénario privilégié reste donc : une période neutre d’abord, puis une augmentation du risque El Niño à partir de l’été 2026. À ces échéances, il faut rester prudent : la prévisibilité d’ENSO est plus faible au printemps (barrière de prévisibilité), et les probabilités peuvent évoluer d’un bulletin à l’autre.
Conséquences : impacts plus nets dans les tropiques, signal plus diffus en Europe
Un El Niño tend à déplacer les zones de convection tropicale (zones de formation des orages), générant un temps souvent plus sec vers l’Indonésie/Australie et plus humide vers le Pacifique Est, avec des effets en chaîne sur certaines régions (Amériques, Asie). Il influence aussi les saisons cycloniques : en moyenne, moins d’ouragans atlantiques et davantage d’activité dans le Pacifique. En Europe, l’impact est indirect : il peut moduler la circulation atmosphérique hivernale, mais il ne suffit pas à “faire la saison” à lui seul.
Les impacts planétaires du phénomène El Nino © La Chaine Météo
2027 plus chaude ? Un facteur possible, mais le réchauffement de fond domine
Si un El Niño s’installe fin 2026, il peut accentuer temporairement la température moyenne mondiale l’année suivante, comme cela a déjà été observé lors de précédents épisodes. En 2024, l’effet d’El Niño s’est ajouté au réchauffement climatique de fond, renforçant des températures mondiales exceptionnellement élevées. Les perspectives pluriannuelles de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) indiquent un maintien de températures mondiales très élevées sur 2025-2029, avec un risque significatif de nouveaux records annuels.
Le point clé, aujourd’hui, c’est la mise en place d'une phase neutre à court terme, puis une probabilité croissante d’El Niño en seconde partie de 2026. Les prochains bulletins ENSO (NOAA/IRI/BOM) permettront de préciser l’intensité potentielle et, surtout, la période de pic la plus crédible pour l’hiver 2026-2027.