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Canicule, orages, tempêtes : les Jeux olympiques d'été les plus marquants

Regis CREPET

Par Regis CREPET, météorologue
mis à jour le

La pluie fera partie des invités de cette cérémonie d'ouverture des JO-Paris 2024, l'occasion de rappeler que les Jeux olympiques ont parfois connu des conditions météorologiques extrêmes, mettant les athlètes et les spectateurs à rude épreuve. Petit un tour d'horizon des jeux d'été qui ont le plus souffert de la météo.

La chaleur a toujours été le paramètre le plus impactant durant les JO d'été © La Chaîne Météo / Adobe Stock

Saison estivale oblige, les très fortes chaleurs caniculaires sont en général le paramètre le plus redouté lors des Jeux olympiques d'été, car il existe des précédents récents et le réchauffement climatique laisse craindre un accroissement de ce risque. Il n'est d'ailleurs pas exclu que les Jeux olympiques Parsi 2024 soient concernés par la chaleur ces prochaines semaines. Lors des précédents JO d'été, elle a été la pire ennemie des athlètes, d'autant plus qu'ils se sont déroulés majoritairement dans des pays au climat chaud. Outre la chaleur, la pollution de l'air et les orages ont également constitué les autres paramètres défavorables.

2021 - Tokyo (Japon) : Dans un contexte déjà compliqué en raison de la pandémie de la Covid, les jeux ont été les plus chauds jamais enregistrés depuis 1952. Les températures très élevées ont causé des problèmes de santé pour les athlètes, notamment des coups de chaleur et des insolations. Il faisait entre 30° et 35°C quotidiennement. Les épreuves de marathon et de marche ont dû être déplacées à Sapporo, plus au nord, pour éviter les températures extrêmes. En revanche, le public, restreint à cause des mesures sanitaires, a moins souffert de la chaleur.

2008 - Pékin (Chine) : les Jeux olympiques se sont tenus en août. La chaleur est restée accablante pendant toute leur durée, autour de 23°C la nuit et entre 30 et 35°C le jour. Les orages étant fréquents, l'humidité a contribué à un inconfort pénalisant pour les athlètes. Ajouté à cela, la pollution de l'air importante a fait l'objet de critiques internationales et soulevé des questions sur la santé des athlètes.

2004 - Athènes (Grèce) : les très fortes chaleurs ont écrasé les jeux Olympiques en août. Chaleur accablante et vents forts ont provoqué des malaises chez les athlètes et des reports d'épreuves. Les températures comprises entre 32° et 34°C la journée atteignaient 20 à 22°C la nuit, ce qui est habituel en plein été là-bas, mais particulièrement éprouvant lors de compétitions sportives extérieures.

2000 - Sydney (Australie) : les jeux se sont tenus du 15 septembre au 1er octobre 2000. Ils ont été marqués par des orages qui ont perturbé les épreuves en extérieur, en particulier l'athlétisme et le tennis, causant des retards et rendant les terrains glissants et dangereux pour les athlètes. La chaleur est restée également intense (jusqu'à 36°C), et a été responsable également de feux de brousse dans la région, entraînant des problèmes respiratoires pour les athlètes et des inquiétudes pour la qualité de l'air.

1996 - Atlanta (Géorgie, USA) : les températures élevées et l'humidité ont causé des problèmes de santé pour de nombreux athlètes, avec des cas de déshydratation et de coups de chaleur signalés pendant les épreuves en extérieur. Le climat est quasi tropical humide dans cet État, et les températures oscillaient autour de 20 à 21°C la nuit et de 30 à 35°C le jour.

1988 - Séoul (Corée du Sud) : durant ces jeux qui se sont déroulés de septembre à octobre, la chaleur est restée durable (de 25 à 31°C) avec des nuits entre 17° et 21°C. Plus que la chaleur, c'est l'importante pollution de l'air qui a préoccupé les athlètes et les médias à cette période.

1972 - Munich (Allemagne) : de fortes pluies et des orages ont perturbé les compétitions en extérieur, causant des retards et des conditions de jeu difficiles pour les épreuves d'athlétisme et de cyclisme. Ces jeux ont surtout été marqués par une tragique prise d'otage d'athlètes israéliens par un commando palestinien qui a abouti à un lourd bilan de 17 victimes.

1968 - Mexico (Mexique). Ces Jeux, les premiers organisés dans un pays en voie de développement, se sont tenus du 12 au 27 octobre 1968 et ont été confrontés aux effets de la haute altitude (au-dessus de 2200 m d'altitude). Cela a rendu la respiration difficile pour de nombreux athlètes, affectant particulièrement les performances dans les sports d'endurance. La pollution de l'air a également aggravé les conditions pour les compétiteurs. De plus, une tempête de poussière a perturbé les épreuves de cyclisme sur route et d'autres compétitions en extérieur, réduisant la visibilité et rendant les conditions de course dangereuses.

1960 - Rome (Italie) : la chaleur intense de ces jeux qui se sont tenus du 25 août au 11 septembre a rendu les compétitions très éprouvantes, en particulier pour les marathons et les épreuves de longue distance. De nombreux athlètes ont souffert de déshydratation. Les conditions de course ont été particulièrement éprouvantes pour les athlètes d'endurance.

1956 - Melbourne (Australie) : Pour ces premiers JO dans l'hémisphère sud, qui ont eu lieu du 22 novembre au 8 décembre (alors en été), chaleur torride et vents forts ont provoqué la déshydratation des athlètes et perturbé certaines épreuves, comme le tir.

1912 - Stockholm (Suède) : ces jeux se sont tenus du 6 au 22 juillet. Ils ont connu des chaleurs extrêmes. Les températures élevées (jusqu'à 30°C) ont causé des déshydratations et des coups de chaleur, en particulier lors du marathon, où plusieurs coureurs se sont effondrés, certains nécessitant une assistance médicale immédiate. Sous un soleil de plomb, les coureurs tombaient comme des mouches. L'athlète portugais, Francisco Lazaro, s’écroule, victime d’hyperthermie et décède le lendemain.

1908 - Londres (Angleterre) : ces Jeux se sont étendus du 27 avril au 31 octobre 1908, soit presque six mois. Pendant cette longue période, le temps a été très changeant. À plusieurs reprises, brouillard épais et pluies incessantes ont rendu les compétitions difficiles en réduisant la visibilité pour les athlètes et les spectateurs. Pourtant, d'une façon générale, le printemps et l'été 1908 furent secs et ensoleillés, avec même de la chaleur jusqu'à 30°C.

1904 - Saint-Louis (Missouri, États-Unis) : ces Jeux ont duré du 1er juillet au 23 novembre. Sous un climat chaud et humide, des vagues de chaleur et des orages violents ont entraîné des annulations d'épreuves et le décès de plusieurs athlètes.

Enfin, bien qu'ils se soient tenus en hiver, nous trouvons intéressant d'évoquer les JO de Sotchi (Russie) en février 2014. Ils ont été paradoxalement marqués par un temps chaud pour la saison. Ils sont officiellement les plus « chauds » de l’histoire des JO d’hiver. Sans parler de chaleur, les températures atteignaient 14 à 18°C les après-midi. En altitude, des températures anormalement chaudes ont causé la fonte de la neige, rendant les pistes de ski dangereuses et nécessitant l'utilisation intensive de neige artificielle pour maintenir les compétitions. Cette chaleur inhabituelle a gêné les skieurs en plein effort.

Ces événements montrent à quel point les conditions météorologiques peuvent impacter les Jeux olympiques, mettant souvent les athlètes à rude épreuve et nécessitant des ajustements logistiques pour garantir leur sécurité et le bon déroulement des compétitions. Les JO de Paris 2024 n'échapperont pas à cette problématique.

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