Le printemps : tout savoir sur cette saison en France
Alors que le printemps météorologique débute le 1er mars et s'étire jusqu'au 31 mai, le printemps calendaire démarre autour du 20 mars, au moment de l'équinoxe. Les amplitudes thermiques durant cette saison sont les plus marquées de l’année entre la saison froide qui se termine et la saison chaude qui débute. C’est aussi la saison qui correspond au réveil de la nature et au plus grand allongement de la durée du jour.
Le printemps est une saison évocatrice de douceur et de bien-être en raison, notamment, d’une chaleur souvent agréable et supportable, mais également de l’allongement rapide de la durée du jour. Entre le début et la fin de la saison, la durée du jour s'allonge de plus de 3 heures sur notre pays, passant de 12 heures en mars à plus de 15 heures en mai.
Le printemps calendaire est décalé par rapport au printemps météorologique
Printemps météorologique et calendaire © La Chaîne Météo
Si les saisons sont calées sur la course de la Terre autour du Soleil avec les équinoxes et les solstices, les saisons météorologiques sont, quant à elles, décalées en raison de l'inertie atmosphérique. De même, pour faciliter l'élaboration des moyennes climatiques, elles sont établies sur des mois pleins. Ainsi, le printemps météorologique commence le premier mars et s'achève le 31 mai.
Jusqu'à 50 °C d'écart entre les minimales et les maximales saisonnières !
D'un point de vue climatique, le printemps est une période de transition entre la saison froide et la saison chaude. Entre la fin de l’hiver et le début de l’été, cette intersaison est avant tout caractérisée par de très fortes amplitudes thermiques.
Ces amplitudes thermiques peuvent dépasser 20 °C en une journée : à peine 0 °C à l’aube, plus de 20 °C l’après-midi. En prenant les extrêmes absolus, le contraste devient saisissant : –21,5 °C aux Pontets (Doubs) le 4 avril 2022, puis 34,6 °C à Strasbourg le 17 mai de la même année. Mars concentre souvent les plus fortes variations.
C’est d’ailleurs durant cette saison que sont guettées avec inquiétude par le monde agricole depuis des décennies certaines périodes à risque telles que les Cavaliers du froid (28 et 30 avril, 6 mai) et les Saints de glace (11 au 13 mai).
Une journée printanière classique
Schématiquement, une journée printanière débute par un ciel clair et une certaine fraîcheur matinale, tandis que l’après-midi serait variable avec des cumulus de beau temps et une douceur sans excès. Pour exemple, à Paris, la moyenne des températures maximales sur la saison est de 16,6 °C, mais avec un grand contraste entre les 12,8 °C de mars et les 20,2 °C de mai. On constate ces mêmes écarts importants pour de nombreuses villes comme Clermont-Ferrand, où les minimales passent de 3 °C en mars à 9 °C en mai.
En montagne, la saison est « décalée » : les mois de mars et d’avril sont encore hivernaux au-dessus de 1500 m, avec le maximum théorique d’enneigement début mars. Seul le mois de mai devient véritablement printanier, avec les paysages les plus beaux de l’année, entre neige et arbres en floraison.
Des précipitations vitales pour la nature et pour préparer l’été
Les précipitations sont souvent dispersées et ponctuelles, parfois de forte intensité en cas d’orage, et peuvent se produire sous des formes très diverses : la neige peut encore tomber et tenir au sol en plaine en mars et même en avril comme en 2008, en 2021 et 2022. Les fameuses giboulées de mars peuvent voir tomber de la grêle tandis que les premiers orages d’été éclatent fréquemment dès le mois de mai, apportant parfois des cumuls très importants et de la grêle comme en mai 2022 où des grêlons géants avaient dévasté des toitures et de nombreux véhicules.
Les printemps secs alternent avec les printemps humides sans véritable évolution de fond, en observant tout de même la tendance actuelle aux printemps secs depuis 2019. Le dernier printemps remarquablement humide est celui de 2001, tristement célèbre par les inondations de la Somme, alors que le plus sec est celui de 2011, suivi de peu par celui de 2022. Les précipitations printanières sont cruciales avant d'aborder la saison chaude, surtout en mars et avril, avant que la chaleur et la végétation renforcent l'évapotranspiration.
Une saison parfois marquée par de violentes intempéries
Cette saison est souvent ponctuée de violentes intempéries en raison des conflits de masse d'air, notamment en mai, mois souvent très orageux. C'est le début de la saison des orages qui s'étend, en France, de mai à août. Ce fut, par exemple, le cas :
- En mai 2016 avec des pluies intenses responsables d’inondations lourdes de conséquences dans les Hauts-de-France.
- En mai 2018 avec des inondations et coulées de boue en Centre-Val-de-Loire
- En mai 2022, avec des grêlons géants en région Centre et en Poitou-Charentes qui provoquèrent de nombreux dégâts. À ce sujet, le mois de mai 2018 est le plus foudroyé observé jusqu'à présent.
La saison qui se réchauffe le plus avec le réchauffement climatique
Avec l’été, le printemps est la saison qui se réchauffe le plus en France. Depuis les années 1990, les températures moyennes ont gagné environ 3 °C. Les beaux jours arrivent plus tôt et les mois de mai prennent parfois une allure estivale. Le printemps 2011 reste le plus chaud et le plus sec observé, tandis que mai 2022 a établi un record de chaleur.
Cette évolution du climat fragilise l’arboriculture et les cultures maraichères, car les gelées tardives éventuelles, qui peuvent encore se produire, détruisent les végétaux dont la floraison prend de l’avance, après des hivers qui sont également devenus plus doux.