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Chaleur cette semaine : quelle durée, quelle intensité ?

Par Regis CREPET, météorologue

La première vague de chaleur de l'année en France est attendue la semaine prochaine et pourrait être assez durable. Les 25°C seront dépassés sur la moitié nord, et la barre des 30°C sera atteinte au sud. Par certains aspects, elle sera assez exceptionnelle pour la saison.

Chaleur cette semaine : quelle durée, quelle intensité ?

Vous annoncez une vague de chaleur à partir de lundi prochain. Pourquoi parler de vague de chaleur plutôt que de coup de chaud ou pic de chaleur ?

Régis Crépet : Une vague de chaleur est un épisode prolongé de températures anormalement élevées généralement supérieures de 3 à 5°C par rapport à la température moyenne mensuelle. Cette durée doit être supérieure à trois jours et doit être aussi étendue géographiquement, ce qui sera le cas la semaine prochaine, où nous serons par endroit jusqu’à 8°C au-dessus de ces moyennes. Si l’anomalie chaude est plus prononcée et se maintient pendant les nuits, on parle alors de canicule. En revanche, si l’épisode est court ou plus localisé, on parle de coup de chaleur.

Quelles sont les régions concernées et les températures attendues ?

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Crédit : La Chaîne Météo

RC : Dès demain lundi, les températures vont s’établir entre 22 et 25°C au nord de la Loire, et de 25 à 30°C au sud ou les premiers 30°C de l’année seront atteints. Les journées les plus chaudes devraient être mardi, mercredi, mais la chaleur pourrait se prolonger au-delà pour la moitié sud. Le ressenti sera très différent de ce que nous avons connu durant ce printemps. Avec l’air d’origine subtropicale, cette chaleur sera presque lourde, avec des soirées tièdes propices aux barbecues et dîners en terrasse tardifs. Ce ressenti pourra être proche de 29°C à Paris et de 35°C au sud-ouest, où le vent sera faible.

Est-ce une vague de chaleur intense et précoce pour la saison ?

RC : Non. L’année dernière, il avait fait chaud plus tôt. Les premiers 25°C (qui correspond au seuil de chaleur) avaient été atteints dès la fin mars à Paris, alors que cette année, cela ne s’est pas encore produit. De plus, en France, le mois de mai est caractérisé par l’apparition des premières vagues de chaleur de la saison. Il n’y a donc rien d’étonnant. Les mois de mai 2011, 2017 et 2020 avaient été particulièrement chauds, avec des températures atteignant les 30°C à Paris et 35°C dans le sud. Nous n’atteindrons pas ces valeurs la semaine prochaine, mais cela va contraster nettement avec ce printemps qui n’a pas connu de journées chaudes généralisées.

Soulignons en revanche que sans être exceptionnelle, avec une durée d’au moins 7 jours, cette vague de chaleur est assez durable. À Paris, le record du nombre de jours à plus de 25°C remonte au mois de mai 1998 avec 14 jours. Il avait été de 10 jours en mai 2020.

Parfois à 48 h les prévisions sont difficiles. À cette échéance, n’y a-t-il pas un risque que la situation change complètement ?

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Crédit : La Chaîne Météo

RC : La fiabilité concernant le changement global de configuration météo est bonne. Alors que l’anticyclone de mer du Nord prédominait jusqu’à présent avec un flux de nord-est, l’anticyclone des Açores remonte sur la France en ce début de semaine, apportant de l’air chaud subtropical. Le beau temps chaud est garanti au sud de la Loire jusqu'à Paris.

À l’approche de l'été, la sécheresse fait déjà parler d’elle avec un déficit important sur de nombreuses régions. La situation à venir est-elle préoccupante ?

RC : La sécheresse des sols superficiels est déjà bien présente sur notre territoire depuis la fin de l’hiver, avec des déficits pluviométriques atteignant 60 % au nord de la Seine, dans les plaines du centre-est, et jusqu’à 80 % en PACA. Tant que les températures restaient tempérées, l’évaporation de la végétation restait modérée, mais avec l’arrivée de la chaleur, l’évapotranspiration sera accentuée et les sols sécheront d’autant plus rapidement, ce qui aggravera rapidement la situation. On peut donc raisonnablement être préoccupé par cette situation alors que l’été n’a même pas commencé.

Cela signifie-t-il que l’été sera caniculaire ?

RC : Non. Une vague de chaleur en mai n’est pas synonyme d’un été chaud, le climat et l’atmosphère ne sont pas aussi disciplinés ! Si on regarde les statistiques, on constate que des mois de mai secs et chauds sont plutôt suivis d’étés avec les mêmes caractéristiques à environ 60 %. Mais si l’on prend 2011, 2017 et 2020, trois années récentes avec des mois de mai très chauds, on constate que l’été 2011 fut simplement standard, l’été 2017 assez chaud et sec, et l’été 2020 particulièrement chaud.

Néanmoins, on peut essayer de répondre à la question de la typologie de l’été à venir avec nos prévisions saisonnières. Mi-avril, elles voyaient un été plus sec et plus chaud que la moyenne sur la France, mais sans excès notable. Nous verrons si cette tendance se confirme lors de l’actualisation le 10 avril.  

 

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