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Prévisions saisonnières jusqu'à l'été

Par Regis CREPET, météorologue

L'actualisation des prévisions saisonnières est valable pour la suite du printemps en France métropolitaine et en Europe, et le début de l'été (trimestre mai, juin et juillet). Ces prévisions mettent en évidence une forte tendance à la sécheresse et semblent indiquer un début d'été chaud en France.

Prévisions saisonnières jusqu'à l'été

Ces prévisions saisonnières, actualisées le 10 avril, concernent le trimestre mai, juin et juillet. Ces prévisions mettent en évidence des précipitations restant déficitaires et des températures d'abord sans anomalie mais redevenant plus chaudes que la moyenne en juin et juillet, ce qui tire la moyenne du trimestre légèrement vers le haut. La suite de l'été, qui fera l'objet de la prochaine mise à jour du 10 mai, semble moins fiable pour le mois d'aôut, qui pourrait être plus maussade, moins chaud et plus humide en France métropolitaine.

A noter également que les effets de la Nina, en cours dans l'océan Pacifique, restent très aléatoires en Europe. La Nina, après avoir connu son pic cet hiver, s'atténue ces prochains mois pour laisser place à une période "neutre" dans l'océan Pacifique (c'est à dire : sans anomalie). Mais, selon certaines projections, la Nina pourrait reprendre légèrement en fin d'année. Cependant, les effets de la Nina sont généralement minimes en été pour l'Europe.

Situation générale pour la France métropolitaine

Prévisions Saisonnières
Crédit : La Chaîne Météo

Le printemps est caractérisé par un déficit pluviométrique sur la France depuis le mois de mars. Cette tendance semble devoir se prolonger et s'accentuer : la sécheresse risque de faire parler d'elle dans les mois à venir. Pour l'instant, les nappes profondes sont bien alimentées, mais la sécheresse de surface se fait déjà sentir par endroit. Les températures ont été plus froides que prévu en ce mois d'avril, mais la tendance pour mai devrait renouer avec les moyennes saisonnières, tandis que juin et juillet pourraient être plus chauds. Une différence semble se dessiner par rapport aux deux derniers étés : l'activité orageuse devrait être plus marquée, sans pour autant estomper la sécheresse.

Rappelons enfin que cette tendance n'est pas figée : au sein de ces trois mois, il est bien évident que des épisodes perturbés, plus frais et plus doux se produiront, ce que l'on appelle des "épiphénomènes", mais ne seraient pas la caractéristique majoritaire du trimestre. Les prévisions saisonnières indiquent le scénario qui semble majoritaire pour un mois entier.

Prévisions saisonnières mai

Les conditions majoritairement anticycloniques pourraient dominer sur l'Europe du nord-ouest, entraînant de faibles précipitations globales, et notamment en France. En fonction de la localisation des hautes pressions, le flux pourrait être souvent orienté au nord ou nord-est. Cela est typique des nuits dégagées et fraîches, pouvant provoquer des gelées tardives. Au total, les températures seraient de saison ou légèrement supérieures à la faveur des belles journées ensoleillées, et les précipitations fortement déficitaires par rapport à un mois de mai classique. Là aussi, la fiabilité globale est plutôt bonne.

Prévisions saisonnières juin

Le premier mois de l'été s'annonce chaud, peut-être le plus chaud de notre été, et toujours assez déficitaire en pluie mais avec une évolution orageuse dispersée, notamment sur l'axe habituel sud-ouest / nord-est. C'est l'anomalie chaude de ce mois de juin qui tire la moyenne du trimestre vers le haut, après un printemps dont le ressenti aura pu être, au contraire, souvent frais. A cette échéance, la fiabilité accordée à cette évolution gagne en confiance.

Prévisions saisonnières juillet

Le premier mois des grandes vacances devrait être beau, sec et chaud. L'axe orageux allant du sud-ouest au nord-est est bien modélisé, ce qui n'empêcherait pas un déficit pluviométrique global à l'échelle de la France. Il est évidemment impossible de dire si l'été sera propice aux canicules, mais la sécheresse des sols est un paramètre qui peut y contribuer. La fiabilité pour juillet est modérée.

Pour la suite, une incertitude nette subsiste pour le mois d'août, qui pourrait être moins beau, plus humide et moins chaud.

En conclusion, le signal global pour le printemps reste orienté vers un asséchement et plutôt du beau temps, mais dans une ambiance parfois assez fraîche comme nous l'avons subi en ce mois d'avril. Il s'agirait, dans le ressenti, plutôt d'un beau printemps à partir de mai. La fiabilité accordée à ce scénario est assez bonne car celui-ci était déjà pressenti dans les précédents bulletins.

Au total, les températures moyennes du printemps sur l’hexagone semblent devoir rester proches des moyennes de saison, de l’ordre de +0,5°C en raison du mois de juin plus chaud, mais l'anomalie n'est pas très nette, ce qui laisse une marge d'écart non négligeable. Quant à l'été, il semble s'annoncer plus chaud et plus sec que la normale, avec une incertitude grandissante à partir du mois d'août.

Prévisions Saisonnières
Crédit : La Chaîne Météo

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