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Séisme en Turquie : tsunami en mer Egée

Par Regis CREPET, météorologue

Un puissant séisme de magnitude 7 sur l'échelle de Richter s'est produit en début d'après-midi vendredi 30 octobre en mer Egée, du côté de la côte turque. Ce séisme a provoqué un tsunami de faible intensité dans la baie d'Izmir (Turquie) et sur certaines îles grecques (Samos).

Séisme en Turquie : tsunami en mer Egée

Le séisme s'est produit en début d'après-midi du vendredi 30 octobre à 60 km au sud-ouest d'Izmir, en Turquie. De magnitude 6,9 sur l'echelle ouverte de Richter, ce tremblement de terre a provoqué l'effondrement d'immeubles et plusisuers dizaines de victimes. Il a également provoqué un tsunami de faible intensité mais tout de même spectaculaire en baie d'Izmir et sur certaines îles grecques situées dans l'est de la mer Egée, notamment Samos.

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Crédit : Infos Françaises

Méditerranée : un tsunami possible n'importe quand

La Méditerranée est une mer fermée au carrefour de trois continents : l’Afrique, l’Asie et l’Europe. Les mouvements tectoniques y sont fréquents et l’activité volcanique est particulièrement présente en Italie. Tous ces facteurs géologiques sont susceptibles de provoquer des tsunamis à des degrés divers. Le niveau d’exposition est donc qualifié de «modéré» dans la mesure où ce phénomène peut se produire à n’importe quel moment et affecter des zones qui ne sont pas forcément protégées. Entre 1980 et 2000, sur 157 tsunamis recensés, 138 se sont produits dans le Pacifique, 9 en Méditerranée, 5 dans les Caraïbes et 2 dans l'océan indien.

Le plus gros risque est lié aux tremblements de terre sous-marins ou sur les zones littorales. La côte algérienne, la Grèce et l’Italie sont les plus sismiques : une forte secousse sismique dans ces pays est susceptible de provoquer un mouvement de la mer, formant une onde qui se propagera en quelques dizaines de minutes seulement sur les pays riverains. Ainsi, il a été calculé qu'un séisme d'une magnitude de 5,8 sur l'échelle de Richter survenant en Afrique du Nord pourrait générer une onde de tsunami se propageant en une heure vers les côtes françaises : le sud de la Corse et surtout la Côte d'Azur pourraient alors voir déferler des vagues de quelques mètres, très puissantes compte-tenu de la profondeur de la mer à cet endroit.

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Crédit : La Chaîne Météo

Tsunami : la conjonction de plusieurs paramètres

Rappelons qu'un tsunami est un train de vagues créé le plus souvent par un séisme sous-marin ou une éruption volcanique. Après l’événement sismique, la mer se met en mouvement et des ondes peuvent se propager à la vitesse d’un avion de ligne, c’est-à-dire 800 km/h. En Méditerranée, cela signifie que les pays riverains seraient touchés en moins d’une heure, d’où l’intérêt de l’élaboration du système d’alerte du Cenalt. Au large, il faut savoir que la vague du tsunami passe quasiment inaperçue (quelques dizaines de centimètres), mais en approchant des rivages, surtout si la côte est plate et basse (comme celle du Languedoc), cela provoque d’abord un retrait de la mer (de 60 à 150 m), avant le retour brutal de vagues de plusieurs mètres de haut qui déferlent alors sur la côte, c’est ce qui s’est produit de Nice à Antibes en 1979. La force d’un tsunami est donc la conjonction de nombreux paramètres.

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Le tsunami survenu près de la côte turque ce vendredi est un cas d'école : sous l'effet du tremblement de terre, des ondes se sont propagées en mer, provoquant d'abord le retrait de l'eau en bord de mer, comme une marée descendante. Ce mécanisme d'aspiration est classique dans ce cas de figure : il est suivi, quelques minutes plus tard, par le retour très rapide de la mer, parfois sous forme de vagues dans les cas les plus extrêmes (à l'image de ce qui s'était produit au Japon ou en Thaïlande) ou tout simplement sous la forme d'une montée des eaux comme lors d'une forte marée montante : c'est ce qui s'est produit sur l'île de Samos et en baie d'Izmir ce vendredi.

La France peut-elle être exposée à un tel risque ?

Aujourd'hui, les experts répondent par l'affirmative, des études ayant déjà été menées après le raz-de-marée survenu dans l'océan indien en décembre 2004. Les côtes méditerranéennes et, surtout, celles des Antilles ne sont pas à l'abri d'un raz de marée. Le risque concerne surtout les départements d'Outre-Mer : en effet, les océans Pacifique et Indiens sont les plus exposés aux séismes, qui déclenchent dans certaines conditions l'onde du tsunami. L'archipel de Nouvelle-Calédonie ainsi que Tahiti sont potentiellement exposés aux tsunamis se propageant dans l'océan Pacifique, tandis que la Réunion serait concernée par les séismes qui se produisent de l'Inde à l'Indonésie. Les Antilles sont directement concernées par le risque de séismes et de volcanisme actif, facteur déclencheur de tsunamis, dont les vagues pourraient atteindre 4 à 6 mètres sur la Guadeloupe et la Martinique. En métropole, ce risque concerne surtout la Méditerranée, en particulier la Côte d'Azur (1).

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Note :

(1) Voir le rapport du Sénat à ce sujet

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