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Prévisions saisonnières : début de l'hiver 2019 - 2020

Par Regis CREPET, météorologue

Valables pour la fin de l’automne et la première moitié de l’hiver, nos prévisions saisonnières mettent en évidence la poursuite d’un temps assez conforme aux moyennes de saison, dans un contexte restant assez sec. A quelques semaines de l’hiver, l’enneigement en montagne risque d’être assez lent à se mettre en place.

Ces prévisions saisonnières, actualisées  le 10 octobre, concernent les mois de novembre, décembre et jusqu’à janvier 2020. Elle présentent une relative cohérence avec celles que nous avions établies le 10 septembre dernier, ce qui va dans le sens d'une meilleure fiabilité. De plus, de nouveaux indices climatiques sont apparus en octobre : l’étendue des surfaces enneigées en Sibérie (1) ainsi que la configuration météorologique globale au-dessus de la zone arctique (« vortex polaire »). L’analyse de ces indices, couplée aux prévisions numériques, donne de nouveaux indicateurs permettant d'affiner ces prévisions pour la période hivernale en Europe et en France, l’ensemble étant indissociable.

Rappelons que nous avons connu un été remarquablement chaud en France, et que l'automne présente à ce jour encore des températures supérieures aux moyennes de saison. La tendance globale pour la période novembre, décembre et janvier indique des températures qui devraient rester proches des moyennes de saison avec des précipitations restant légèrement déficitaires.  

 

Prévision saisonnière novembre 2019

Prévisions Saisonnières
Crédit : La Chaîne Météo

La configuration météorologique globale au-dessus de l’Europe serait assez contrastée entre une possible récurrence anticyclonique allant de la péninsule ibérique, à la France et à la Russie. Dans ce contexte, le régime perturbé océanique serait atténué sur la France. De même, le risque d’épisode méditerranéen semble assez marginal. Les températures présenteraient des valeurs encore supérieures aux moyennes sur notre pays tandis que les précipitations pourraient rester globalement déficitaires en raison de la fréquence des périodes anticyclonique. Cette évolution ressemblerait alors à novembre de l’année dernière, qui fut assez doux et sec.

 

Prévisions saisonnières décembre 2019

Prévisions Saisonnières
Crédit : La Chaîne Météo

Contrairement à l’année dernière, où décembre fut très doux et humide, les conditions de bordure anticyclonique pourraient dominer, ne permettant pas un arrosage abondant sur notre pays. Les épisodes méditerranéens resteraient également peu nombreux, plutôt centrés sur l’Italie. De ce fait, l’enneigement sur nos massifs risque d’être assez lent à se mettre en place, mais des « retours d’est » pourraient être favorables aux Alpes du sud. Cette récurrence anticyclonique n’est cependant pas garantie, présentant une fiabilité limitée, avec un possible retour des perturbations océaniques. Il n’y a pas d’anomalie flagrante concernant les températures, qui devraient rester proches des moyennes. La fiabilité est cependant plus faible concernant les précipitations, qui pourraient être plus abondantes que prévu en fonction du retour éventuel du flux d’ouest perturbé.

 

Prévisions saisonnières janvier 2020

Prévisions Saisonnières
Crédit : La Chaîne Météo

A l’image de décembre, janvier 2020 pourrait être assez standard avec des températures proches des moyennes de saison. A ce jour, la fiabilité reste à confirmer avec deux scénarios météo envisagés : soit le flux dépressionnaire atlantique reprend de la vigueur en direction de la France avec des précipitations plus abondantes et des températures assez douces, soit les anticyclones continentaux de l’Europe de l’est résistent, offrant alors un temps plutôt sec mais passagèrement assez froid. Ce dernier scénario est celui que nous retenons dans cette mise à jour, avec des précipitations hétérogènes et légèrement inférieures aux moyennes statistiques. Le pourtour méditerranéen serait alors plus fréquemment concerné par des épisodes de temps perturbé.

 

En conclusion, il n’y a pas, à ce jour, de signal fort privilégiant une anomalie particulière pour la première partie de l’hiver, ce qui reflète une fiabilité assez limitée de cette évolution. Notre scénario privilégie une tendance plutôt anticyclonique avec la persistance possible d’un déficit pluviométrique, ce qui serait défavorable pour le remplissage des nappes phréatiques encore déficitaires. Les températures seraient assez proches des moyennes, les deux mois les plus froids de l’hiver devant être décembre et janvier. Face à notre scénario actuel, la possibilité d’un hiver doux et pluvieux n’est pas exclue, ce qui serait une option appréciable pour limiter les effets de la sécheresse profonde.

 

1) Les surfaces recouvertes par la neige en octobre sont, dans certains cas, un indicateur pour la prévision de l'hiver à venir. Certains scientifiques analysent la surface actuellement enneigée en Sibérie, en octobre, pour tenter de prévoir la rigueur de l'hiver en Europe. Mais cet indice encore à l'état d'hypothèse (appelé OPI - Octobre Paterne Index - ou SAI - Snow advance Index) n'est pas forcément fiable : c'est ce que tend à démontrer une étude de 2013 (CNRS) selon laquelle l'enneigement en Sibérie ne serait que la conséquence d'autres phénomènes atmosphériques, et non pas la cause.

 

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