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Douceur en février : quelle évolution après ?

Par Regis CREPET, météorologue

Les périodes de grande douceur en février ne sont pas rares, mais ne surviennent en moyenne qu'une fois tous les 10 ans. Afin d'anticiper les prévisions à long terme pour ces prochains mois, il est utile de s'intéresser au temps qu'il avait fait lors de ces années.

Si les périodes de grande douceur en février représentent peu de cas sur les 70 dernières années, il est intéressant d'observer l’évolution météo qui en a découlé afin d'anticiper l'évolution météo à venir par analogie. Bien que les similitudes soient souvent relatives, on retrouve des points communs après ces mois de février doux.

Ainsi, dans 60% des cas, les mois de février doux sont suivis par l'apparition de gelées tardives au printemps. Elles sont parfois accompagnées de neige en plaine fin avril et début mai, comme en 1997. Les étés sont ensuite beaux et très chauds, avec de forts orages ponctuels.

Dans 40% des cas, ces mois de février doux sont suivis de printemps orageux et d'étés maussades, frais, nuageux et pluvieux.

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Crédit : La Chaîne Météo

Vague de douceur en février, et ensuite ?

Rappelons tout d'abord les principales vagues de douceur survenues lors des mois de février depuis les années 1950 en France.

Dans le détail, la grande douceur de février 1960 - année où les principaux records de chaleur ont été observés en février - avait été suivie d’un coup de froid tardif et de neige fin avril et début mai, provoquant des dégâts aux vignobles.

En 1990, le printemps et l’été furent très chauds et ponctués de violents orages.

En 1997, on observait une sécheresse tenace au printemps avec un gros coup de gel le 22 avril (jusqu’à -8°C à Charleville-Mézières) puis de la neige en Vendée et Touraine les 7 et 8 mai (jusqu’à 5 cm de neige à Tours). Puis l’été fut chaud.

En 1998, toute l’année fut chaude en raison d'un épisode "El Nino" intense : ce fut l'une des années les plus chaudes jamais enregistrées en France avec un été très chaud et souvent très orageux. 

En 2007, la douceur de février avait été suivie d’un mois de mars orageux, d’un mois d’avril exceptionnellement chaud puis d’un été « pourri ».

En février 2008, des records d’ensoleillement ont été battus mais il a fait parfois froid, avec de fortes gelées matinales. On ne peut donc pas parler de réelle vague de douceur bien que le mois soit au-dessus des moyennes de saison de l’ordre de +1°C à +3°C. Le mois de mars qui suivit fut froid avec de la neige tardive, neige qui fit une autre apparition remarquable les 7 et 8 avril (de 10 à 20 cm au nord de la Seine). Ensuite, il a fait chaud et orageux jusqu’en fin juillet, avant un mois d’août plus maussade.

Ces années où les mois de février ont connu des vagues de douceur restent cependant plutôt rares, bien qu'épisodiques depuis le début des relevés météorologiques.

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Crédit : La Chaîne Météo

Une fréquence plutôt rare

Dans ce contexte de survenue peu fréquente, ces pourcentages de 60% et 40% restent très minoritaires pour déterminer l’évolution météo des prochaines semaines mais peuvent être corrélés aux prévisions saisonnières. Celles-ci mettent en évidence cette année une configuration d'un mois de février doux suivi d'un mois de mars assez instable. Il s'en suivrait un beau mois d'avril chaud puis un risque de gel tardif en mai. Pour l'été, les modèles saisonniers vont plutôt dans le sens d'un été chaud et sec. Ce scénario ressemblerait un peu à celui de l’année 1997. Le point négatif mis en exergue par ces prévisions est la forte probabilité de persistance d'un déficit de précipitations, ce qui n'est pas de bon augure après un hiver trop sec.

On constate en résumé que les vagues de douceur en février restent peu fréquentes, mais ne sont pas inédites. Elles sont suivies par deux scénarios météo majoritaires, avec, dans 60% des cas, un printemps sec avec des gelées tardives suivi d'un été chaud, ou à l'inverse, à 40% d'un printemps instable suivi d'un été maussade, nuageux et pluvieux. D'autre part, ces épisodes de douceur hivernale sont certes peu fréquents mais se produisent occasionnellement depuis que les relevés météorologiques existent. On ne peut donc pas y voir la conséquence directe du réchauffement climatique puisqu’on a trace dans le passé de tels événements. On relevait ainsi par exemple , 18,7°C à Bruxelles le 10 février 1899.

Selon nos prévisions saisonnières, 

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