Loire : chute de grêle destructrice
Le Nord de la Loire a été touché par de violents orages et de fortes averses de grêle ce jeudi 21 mai dans la soir&eacut
Grêle dévastatrice. © La Chaîne Météo
Le Nord de la Loire a été touché par de violents orages et de fortes averses de grêle ce jeudi 21 mai dans la soirée. Avec des grêlons aussi gros que des balles de tennis, les dégâts sont importants : inondations, vitres brisées et toitures partiellement détruites. Les pompiers ont effectué une cinquantaine d'interventions.
Quelle est l’origine d’un tel phénomène ?
Lorsqu’une masse d’air chaud instable progresse vers un air froid, cela donne naissance à un orage frontal chaud. A l’origine de la formation de cet orage, un nuage de type cumulonimbus : lorsque l’air est humide et que les courants ascendants sont puissants, l’excédant d’humidité forme le nuage, puis des gouttes de pluie. Si les gouttes de pluie s’élèvent dans le nuage, elles atteignent une altitude où la température est négative et ces gouttes commencent à geler. Il faut que les gouttes d’eau contenues dans le nuage atteignent - 20 °C pour que la grêle se forme.
Durant sa formation, le grêlon traverse différentes zones à l’intérieur du nuage dans lesquelles la concentration d’humidité et de gouttelettes varie. La croissance du grêlon dépend donc de cette variabilité de paramètres rencontrée lors de son ascension. Un grêlon translucide provient d’une couche du nuage riche en gouttelettes, alors qu’un grêlon opaque et givré est issu d’une couche composée principalement de vapeur d’eau. Le processus de congélation ne dépasse pas une heure, la grêle tombe alors des nuages lorsqu’elle devient trop lourde pour rester dans la masse d’air des courants ascendants. Elle est composée de particules de glace, transparentes ou opaques, avec un diamètre moyen de 5 à 50 mm.
Petite grêle et grosse grêle
Un gros grêlon est en fait une masse de grêle « collée », formée de plusieurs grêlons accumulés les uns sur les autres, pour au final n’en former qu’un. Cependant, les grêlons voient leur taille diminuer au fur et à mesure de leur descente vers le sol : plus le niveau de congélation de l’eau dans le nuage est haut, plus la grêle qui tombe s’amenuise. Il arrive que des grêlons d’une taille d’une dizaine de centimètres se forment, pouvant parfois atteindre 1 kg.
La petite grêle se forme avec l’apparition d’un front froid. Les courants de vents s’agitent, la pression atmosphérique augmente et la température diminue. La pluie est alors souvent accompagnée de petits grêlons ou de grésil. Si les grêlons ont une taille inférieure à 5 mm, on parle alors de grésil. Ils sont issus d’une période de congélation transitoire entre la neige et la pluie verglaçante. Ces granulés de glace tombent surtout au printemps et à l’automne et forment souvent des couches épaisses sur le sol.
La grêle dans les records
Même s’ils ont commis de nombreux dégâts, avec 5 centimètres de diamètre, les grêlons tombés ce jeudi 21 mai dans la Loire sont loin d’atteindre les tailles records enregistrées.
L’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) rapporte que le plus grand grêlon jamais retrouvé possédait un diamètre de 17,8 cm et 47,6 cm de circonférence. Tombé le 22 juin 2003 à Aurora dans le Nebraska (Etats-Unis), il pesait 750 grammes. Cependant le grêlon le plus lourd répertorié est tombé au Kazakhstan en 1959 et pesait 1,9 kg. En France, Strasbourg a subit une averse de grêlons pesant jusqu’à 972 gr en août 1958.
Non homologué mais inscrit dans la légende, l’histoire prétend qu’un grêlon de 2 kg est tombé à Cordoue en Espagne en 1829.