El Niño approche de son pic : pourquoi ses effets pourraient s'amplifier jusqu'en 2027
Alors qu'El Niño atteint une intensité exceptionnelle dans le Pacifique, son pic est attendu vers la fin de l'année. Mais ses conséquences sur la météo mondiale pourraient se prolonger bien au-delà, avec des sécheresses, des inondations et même une possible influence sur la circulation atmosphérique de notre hiver.
El Niño a-t-il déjà atteint son maximum ?
Les dernières observations confirment que le réchauffement du Pacifique équatorial se poursuit. Selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM), l'anomalie thermique pourrait atteindre 3,8 °C entre novembre 2026 et janvier 2027 (1). Certains modèles envisagent néanmoins un début d'affaiblissement dès l'hiver (2).
La particularité d'El Niño est que ses effets atmosphériques peuvent persister plusieurs mois après son maximum océanique. Le plus fort des bouleversements météorologiques n'est donc pas nécessairement derrière nous.
Projection de l’évolution de la température moyenne mondiale en 2026 et 2027. Sous l’influence d’El Niño, 2027 pourrait être plus chaude que 2026, avec une anomalie estimée à +1,57 °C par rapport à l’ère préindustrielle. © Zeke Hausfather, The Climate Brink, décembre 2025.
Courbes : projection de l’évolution de la température moyenne mondiale en 2026 et 2027. Sous l’influence d’El Niño, 2027 pourrait être plus chaude que 2026, avec une anomalie estimée à +1,57 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Cette prévision reste toutefois incertaine.
Source : Zeke Hausfather, The Climate Brink, décembre 2025.
Sécheresses et inondations : quels pays seront touchés ?
D'ici début 2027, le risque d'inondations augmente dans certaines régions d'Afrique de l'Est, notamment au Kenya, en Éthiopie et en Somalie. À l'inverse, l'Afrique australe pourrait connaître une saison des pluies déficitaire, menaçant les récoltes. En Indonésie et dans plusieurs pays d'Asie du Sud-Est, chaleur, sécheresse et incendies constituent d'autres risques à surveiller (1).
Ces perturbations pourraient avoir des conséquences durables sur les ressources en eau, l'agriculture et la sécurité alimentaire, même après l'affaiblissement d'El Niño (3).
El Niño pourrait-il aussi perturber notre hiver en Europe ?
Une autre évolution retient l'attention : un réchauffement stratosphérique soudain (SSW) exceptionnellement précoce est envisagé début novembre au-dessus de l'Arctique (4). Or, les études montrent qu'El Niño peut favoriser les perturbations du vortex polaire, en modifiant la circulation atmosphérique à l'échelle planétaire.
Un vortex polaire perturbé pourrait favoriser ultérieurement des descentes d'air froid vers l'Europe et vers l'Amérique du Nord, sans signifier pour autant un hiver rigoureux en France, ce qui n'est pas prévu par nos tendances saisonnières.
Notes
(1) OMM, 26 octobre 2026
(2) NOAA/GFDL, 7 octobre 2026
(3) FEWS NET, octobre 2026