Vagues de chaleur en Europe : les émissions de CO₂ récentes ont déjà un effet mesurable
Alors qu’Ursula von der Leyen vient d’annoncer un futur plan européen contre les vagues de chaleur, une étude de Stanford apporte un nouvel éclairage sur leur aggravation. Publiée en 2026 mais portant sur les épisodes observés jusqu’en 2025, elle montre que les seules émissions mondiales accumulées depuis l’Accord de Paris ont déjà ajouté une part mesurable de chaleur aux extrêmes européens.
Les vagues de chaleur européennes auraient été amplifiées par les récentes émissions mondiales de CO? d’origine fossile © Image d'illustration @Adobe Stock
Une nouvelle étude quantifie l’impact des émissions depuis 2015
Les chercheurs ont combiné dix modèles climatiques, les données ERA5 et une IA générative pour comparer les mêmes situations météo sous différents niveaux d’émissions. Entre 2021 et 2025, ils estiment à plus de 95 % la probabilité que les émissions mondiales de CO₂ fossile accumulées depuis 2015 aient renforcé la semaine la plus chaude de chaque été européen.
Pour la vague de chaleur du 24 juin au 3 juillet 2025, leur effet est estimé à environ +0,34°C en moyenne sur la région étudiée, et localement entre +0,25 et +0,50°C, notamment vers la Méditerranée. La probabilité que les émissions de la seule dernière décennie aient accentué cet épisode dépasse 99 %.
Une avancée pour l’attribution, avec encore des limites
L’étude montre qu’il devient possible d’isoler l’effet climatique d’émissions relativement récentes sur un événement précis, malgré la variabilité naturelle. Les résultats sont toutefois plus solides à l’échelle européenne qu’à l’échelle locale.
La méthode dépend aussi des modèles climatiques utilisés pour entraîner l’IA et devra être testée sur d’autres régions et d’autres extrêmes. Surtout, elle mesure la chaleur supplémentaire liée aux émissions, mais ne dit pas si celles-ci ont rendu plus probable la configuration atmosphérique à l’origine de la vague de chaleur.