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Orages : la Méditerranée en surchauffe peut-elle aggraver la situation ?

Par Régis Crépet, météorologue
mis à jour le

La première forte dégradation orageuse de fin d'été est attendue jeudi dans le sud-est, avec un risque de pluies intenses, de grêle et de fortes rafales. Dans ce contexte, la température exceptionnellement élevée de la Méditerranée constitue un facteur aggravant potentiel, mais elle ne suffit pas à elle seule à expliquer la violence des orages.

La Méditerranée est souvent 5°C au-dessus des moyennes de saison © La Chaine Météo

Une mer exceptionnellement chaude après les canicules

Après un été marqué par des canicules à répétition, la Méditerranée occidentale est toujours en "surchauffe". Mi-août, de vastes secteurs affichaient encore des températures de surface plusieurs degrés au-dessus des normales, avec des anomalies atteignant localement +5 à +6°C. L’eau approche ou dépasse encore 28°C sur certaines zones, localement 29°C en Corse, comme en Guadeloupe.

Cette chaleur favorise l’évaporation et permet aux basses couches de l’atmosphère de se charger davantage en vapeur d’eau. Avec le retour d’un flux marin, cet air très humide peut être transporté vers le Languedoc, la Provence et les reliefs du sud-est. La Méditerranée joue alors le rôle d’un immense réservoir d’humidité et d’énergie disponible pour les orages.

La mer fournit le carburant, l’atmosphère doit allumer la mèche

Une mer à 28°C ne provoque cependant pas automatiquement des orages violents. Il faut également un mécanisme de déclenchement : de l’air plus froid en altitude, une atmosphère instable, des convergences de vent ou encore le soulèvement de l’air contre les reliefs. Jeudi, plusieurs de ces ingrédients devraient justement être réunis avec la plongée d’une goutte froide vers le sud et l’arrivée d’air plus frais en altitude.

Dans ce contexte, la surchauffe de la Méditerranée peut surtout augmenter la quantité d’humidité disponible et donc renforcer les intensités de pluie sous les cellules les plus actives. Le risque dépendra néanmoins beaucoup de la trajectoire et de la vitesse des orages : des cellules rapides limiteront les cumuls, tandis que des orages stationnaires ou se régénérant sur les mêmes secteurs pourraient devenir nettement plus problématiques. Cette évolution potentiellement violente est sous surveillance : une alerte sera émise ce mercredi à se sujet.

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