Incendies en France : un été déjà record après trois canicules et une sécheresse extrême
Les incendies du Var et de Mérignac illustrent une saison des feux exceptionnellement précoce et sévère. Plus de 42 000 hectares auraient déjà brûlé en France, un niveau jamais atteint aussi tôt depuis le début des observations européennes comparables.
L'incendie de Pontevès (83) a brulé 2500 ha de végétation © Météo-Varoise
Du Var à la Gironde, des incendies au lourd bilan humain et environnemental
Dans le Var, l’incendie de Pontevès a parcouru environ 2 500 hectares en quelques heures, entraînant l’évacuation de près de 400 habitants et la mobilisation de plus de 1 000 pompiers (1). À Mérignac, près de l’aéroport de Bordeaux, deux sapeurs-pompiers ont perdu la vie mardi 21 juillet en combattant un incendie ayant également touché plusieurs hectares de végétation (2). Ces drames interviennent alors que la saison des feux est encore loin de son pic habituel, généralement observé entre la fin juillet et le mois d’août.
Selon le système européen EFFIS, plus de 42 000 hectares avaient déjà été parcourus par les flammes en France à la mi-juillet (3). Ce cumul, établi à partir des incendies détectés par satellite d’environ 30 hectares ou davantage, dépasse le précédent maximum observé à cette période en 2022. Il s’agit donc bien de la plus grande surface brûlée aussi précocement depuis le début de cette série, longue d’une vingtaine d’années, mais pas nécessairement d’un record annuel définitif.
Surfaces brulées records depuis le début de l'année en France © La Chaine Météo
Les canicules ont transformé la végétation en combustible hautement inflammable
Depuis la fin mai, la France a subi trois épisodes de chaleur successifs, dont une canicule majeure en juin, accompagnés d’un fort déficit de précipitations. La chaleur accélère l’évaporation de l’eau contenue dans les sols et la végétation : les herbes sèchent, les feuilles perdent leur humidité et les branches mortes deviennent un combustible capable de s’enflammer puis de propager rapidement le feu.
Le vent constitue ensuite un facteur d’aggravation décisif. Le mistral et la tramontane assèchent encore davantage les végétaux, couchent les flammes vers les zones intactes et transportent des brandons parfois à plusieurs centaines de mètres. Sur des sols très secs, une simple étincelle peut alors donner naissance à un incendie difficile à maîtriser.
Risque de feux ce mercredi © LCM
Neuf départs de feu sur dix sont liés à une activité humaine
Le réchauffement climatique ne déclenche pas directement les incendies, mais il rend les paysages plus facilement inflammables et allonge la période à risque. En France, neuf feux sur dix sont d’origine humaine, qu’il s’agisse d’imprudences — mégots, travaux, barbecues, véhicules ou brûlage de déchets — ou d’actes volontaires (4).
À Fontainebleau, où plus de 2 000 hectares ont été touchés à la mi juillet, plusieurs personnes ont été interpellées. Deux jeunes hommes, dont un sapeur-pompier volontaire, ont été mis en examen et placés en détention provisoire dans le cadre de l’enquête sur plusieurs départs de feu présumés volontaires (5). À ce stade, leur responsabilité pénale reste à établir par la justice.
La météo crée donc un environnement explosif, mais la prévention humaine demeure essentielle : dans un été aussi sec, éviter un seul départ de feu peut empêcher une catastrophe.
Sources : (1) Reuters, 22 juillet 2026 ; (2) Gendarmerie nationale, 22 juillet 2026 ; (3) EFFIS–Copernicus, bilan provisoire de juillet 2026 ; (4) Gouvernement français, campagne Feux de forêt 2026 ; (5) Gendarmerie nationale et parquet de Fontainebleau, juillet 2026.