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Intempéries : pourquoi la France reste sous la menace de nouvelles inondations et tempêtes

Par Regis CREPET, météorologue
mis à jour le

L’Atlantique Nord fonctionne actuellement comme une machine à laver en essorage rapide : les dépressions s’enchaînent et tournent dans un vaste complexe dépressionnaire, maintenant l’Europe de l’Ouest sous un régime durablement perturbé. En toile de fond, la vague de froid sur l’Amérique du Nord renforce le contraste thermique et dynamise le courant-jet, carburant majeur de cette “usine à tempêtes”.

Les dépressions défilent sur l'Atlantique et viennent heurter l'Europe © La Chaine Météo

Un Atlantique bloqué en mode perturbé

Nos cartes météorologiques montrent un système dépressionnaire très étendu, avec plusieurs minimums imbriqués et un rail perturbé qui traverse l'Atlantique Nord à grande vitesse. Résultat : pluies fréquentes, épisodes de vent fort, mer forte sur les façades océaniques… et surtout des sols déjà gorgés d’eau qui augmentent la sensibilité aux crues au moindre nouvel épisode soutenu.

Quand le froid américain dope la “machine”

Plus l’Amérique du Nord bascule dans l’air glacial, plus le gradient de température entre tropiques et hautes latitudes s’accentue, et plus le jet-stream peut se renforcer. C’est ce ruban de vents d’altitude qui guide et intensifie les dépressions : elles se creusent parfois très vite (on parle parfois de bombe météorologique), puis filent à grande vitesse vers l’Europe, comme on l’a vu avec Kristin au Portugal, capable de combiner rafales violentes et houle dangereuse.

Le jet stream pilote à toute vitesse les dépressions atlantiques vers l'Europe © La Chaine Météo

Une “bombe météo” en France ? Pas de signal immédiat, mais une fenêtre à surveiller

Après Goretti et Ingrid, notre pays n’est pas à l’abri d’un creusement explosif supplémentaire si une ondulation du jet se cale au bon endroit. Pour l’heure, aucun scénario ne dessine une tempête majeure imminente, mais tant que ce rail dépressionnaire persiste, le risque d’inondations et de coups de vent reste présent. La clé, dans les prochains jours, sera la trajectoire exacte des centres dépressionnaires : à quelques centaines de kilomètres près, l’impact peut changer d’échelle. C'est la raison pour laquelle les 8 jours à venir s'annoncent encore critiques, la France étant cernée par toutes ces menaces potentielles, aussi bien à l'ouest qu'autour de la Méditerranée.

Cette fin janvier et le début du mois de février restent sous la menace de nouveaux coups de vent et d'inondations. La bonne nouvelle nous vient des montagnes, où toutes ces pluies se transforment en neige abondante, au prix d'un risque d'avalanche quasi maximal sur certains massifs (Alpes du Sud et Pyrénées).

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