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Juin 2022 : record de foudroiement

Par Pascal SCAVINER, météorologue

Le mois de juin le plus foudroyé depuis le début des relevés de Météorage en 1989 était juin 1993. A ce jour, ce record est désormais battu en ce mois de juin 2022. L'activité orageuse va désormais décliner progressivement sur la France mais un dernier épisode est possible pour le jeudi 30 juin à venir.

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Ce mois de juin 2022 est désormais le plus foudroyé depuis le début des relevés de Météorage en 1989, avec plus de 194000 impacts de foudre.

Le deuxième est le mois de juin 1993 avec 172608 impacts de foudre, suivi de juin 2021 avec 169764 impacts.

À l'inverse, les mois de juin les moins foudroyés sont ceux de 2004, 1989 et 2001. On n'observe donc pas d'évolution logique du nombre d'impacts de foudre, ceux-ci restant très aléatoires selon les années et les configurations météorologiques.

Juin 2022 : un record mensuel de foudroiement

Les journées orageuses n’en finissent pas en ce mois de juin.

On relève une seule journée sans orages, le 10 juin, et 4 journées très orageuses (plus de 12 000 impacts nuages-sol) contre 2 en mai. La journée la plus foudroyée reste à ce jour (source Météorage) le 4 juin, suivi du 3 juin, du 15 mai, du 22 mai et des journées récentes des 19 au 21 juin. Ce mois de juin est devenu le plus foudroyé depuis 1989, année de début des relevés faits par Météorage. 

Le nombre d'impacts de foudre a, en effet, dépassé les 194000 ce lundi, battant le précédent record de juin 1993.

Dans un contexte météorologique atypique et durable, la température moyenne supérieure à la normale couplée à un excédent d’humidité provoque la succession de salves orageuses qui balayent une partie du pays et souvent sur les mêmes régions axées du sud-ouest et nord-est, en s’étendant vers le centre-ouest.

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Crédit : La Chaîne Météo

Une situation atypique et durable : les explications

Les raisons de cette dégradation orageuse durable sont multiples. Elles sont liées à un changement de la circulation atmosphérique sur l’hémisphère nord et plus proche de nous, sur l’Atlantique nord. Un des responsables est la déformation du jet Stream qui entraîne une circulation méridienne du flux général au lieu de la circulation zonale habituelle. Dans cette configuration, ce courant-jet est très ralenti et ses ondulations marquées favorisent des situations de blocages atmosphériques en isolant parfois des gouttes froides, comme c’est le cas actuellement entre le Portugal et le golfe de Gascogne. Cela provoque une importante advection de masse d’air chaud à l'avant des gouttes froides, responsable des canicules, et qui précède généralement des épisodes d'orages violents lorsque cette dernière rentre en contact avec de l’air nettement plus froid. C’est ce schéma qui caractérise la situation actuelle, avec des variations selon l’évolution précise de la goutte froide.

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