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Chaleur : y-a-t-il un risque de canicule en France pour Juillet ?

Par Regis CREPET, météorologue

Alors qu'une partie de l'Amérique du nord, et notamment le Canada, vient de connaître une canicule historique en cette fin juin, et que certains pays d'Europe subissent également de fortes chaleurs, la question se pose pour la France : y-a-t-il un risque de canicule pour ce mois de juillet sur notre pays?

Crédit : La Chaîne Météo

Ce début d'été restera dans les annales de la météo en Amérique du Nord en raison de la plus forte canicule jamais observée au Canada. Parallèlement, une bonne partie de l'Europe du sud-est connait de très fortes chaleurs depuis une semaine, en particulier en Sicile, en Grèce et à Chypre, où la barre des 40°C a été dépassée. Dans le même temps, les pays du Maghreb subissent de très fortes chaleurs durables conjuguées à une sécheresse préoccupante, de l'intérieur de l'Algérie à la Tunisie, où le thermomètre a atteint 48°C. Toutes ces anomalies chaudes épargnent relativement la France, mais l'été ne fait que commencer. Dans ce contexte, risque-t-on de connaître une canicule en ce mois de juillet?

Les mois de juillet : de plus en plus chauds

Depuis les années 2000, les mois de juillet ont connu un fort réchauffement sur la France, devenant bien souvent le mois le plus chaud de l'été. Mais ce réchauffement est assez inégal, de telle sorte que notre pays connaît une alternance de mois de juillet très chauds (comme ces dernières années) et d'autres, plus changeants et mitigés. Depuis 2015, ils ont tous été largement supérieurs aux moyennes de saison, le plus chaud de la série ayant été celui de 2018, sans oublier également celui de 2019, dont la brève canicule du 25 juillet avait battu tous les records de chaleur en France (on se souvient des 42,6°C à Paris).

Un mois de juillet instable en première quinzaine

Dans de précédentes publications, La Chaîne Météo s'était intéressée à la tendance pour ce mois de juillet 2021, alors que nos prévisions saisonnières envisageaient un temps majoritairement sec et chaud. A ce jour, cette tendance change quelque peu, avec en perspective une météo changeante pour cette première quinzaine. En cause, des dépressions circulant sur l'Atlantique nord au niveau des îles britanniques, véhiculant vers notre pays des perturbations océaniques avec des passages orageux qui devraient se poursuivre, dans la continuité de ce mois de juin. Ces perturbations auront l'inconvénient, pour les vacanciers, de provoquer un temps très changeant, alternant les belles journées parfois chaudes et les dégradations orageuses. Seul l'extrême sud-est restera à l'écart, avec la poursuite d'un temps sec et venté, mais ensoleillé. A contrario, ces perturbations auront l'avantage d'éviter une canicule, au moins pendant cette première quinzaine, car les pics de chaleur, inévitables avant les orages, ne dureront jamais bien longtemps (un jour ou deux). Les très fortes chaleurs devraient être déviées vers les pays d'Europe du sud-est, des Balkans vers la Turquie ainsi qu'en Europe centrale. Il suffirait cependant que les vents tournent durablement au sud pour faire remonter l'air bouillant présent sur l'Afrique du Nord, mais cette perspective ne semble pas encore d'actualité pour l'instant.

Une deuxième quinzaine plus chaude

L'évolution pour la deuxième quinzaine nous semble plus propice au risque de canicule, mais cette évolution restera à fiabiliser. En effet, la circulation des dépressions de l'Atlantique devrait ralentir au profit des anticyclones européens qui pourraient se renforcer et s'étendre, tel un dôme, jusqu'en France. Cette configuration serait alors propice à l'installation d'un temps plus beau et plus estival, pour le plaisir des vacanciers. Mais, dans ce contexte, le risque de fortes chaleurs augmentera sur notre pays. Si, à ce jour, les températures les plus élevées semblent surtout devoir concerner l'Europe centrale, jusqu'en Scandinavie, notre pays sera n'en sera pas à l'abri et la France pourrait connaître des vagues de chaleur jusqu'en début août. Dans cette configuration, des journées caniculaires semblent inévitables, même si, rappelons-le, pour parler de canicule, il faut que divers critères soient observés (durée, intensité de la chaleur). Quant à la sécheresse, même si un déficit de précipitation venait à s'observer pendant l'été, le bon remplissage des nappes phréatiques cette année devrait minimiser ce risque cette fois-ci.

En conclusion, on s'aperçoit que les fortes chaleurs sont bien présentes sur l'Europe et l'Afrique du Nord, alors que les îles britanniques, la France et le Portugal bénéficient d'un air océanique plus frais. Mais cette situation sera amenée à bouger, les centres d'action (dépressions et anticyclones) n'étant pas figés. Si notre pays semble à l'abri d'une vague de chaleur en première quinzaine de ce mois de juillet, le risque deviendra plus élevé en seconde quinzaine. Au total, ce mois de juillet 2021 ne devrait cependant pas rivaliser avec les plus chauds précédemment connus, mais devrait afficher des températures tout de même supérieures aux moyennes de saison. A l'échelle de l'Europe, les pays centraux et scandinaves devraient connaître un mois de juillet très chaud, telle l'Allemagne ou encore la Pologne et les pays Baltes, ainsi que l'Afrique du Nord.

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