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Février 2012 : la dernière grande vague de froid en France

Par Gilles MATRICON, météorologue

Il y a 8 ans exactement se produisait la dernière grande vague de froid majeure en France. Celle-ci a duré 13 jours, du 1er au 13 février 2012, et a été accompagnée de neige abondante. Retour sur cet événement historique.

Crédit : pixabay

La vague de froid qui a concerné la France au cours de ce début février 2012 a duré 13 jours (du 1er au 13 février). Elle a été de forte intensité, généralisée même si la Bretagne a été moins touchée que les autres régions. Elle vient en 5ème position des vagues de froid les plus intenses de ces 50 dernières années, loin derrière 1956, 1963, 1985 et 1987 et juste devant la vague de froid de janvier 1997.

L'anticyclone puissant qui s'est maintenu pendant deux semaines de la Russie au nord de la France a favorisé la circulation d'un air glacial sur notre pays, le fameux "Moscou-Paris". Ainsi on a pu enregistrer des températures souvent inférieures à -10°C la nuit et inférieures à 0°C le jour sur de très nombreuses régions.

 

Voici l'actualité que nous avions traîtée à l'époque :

 

Des températures minimales parfois proches des -20°C 

Les régions qui ont été enneigées ont connu des températures minimales particulièrement basses lors des nuits calmes et dégagées. En plaine les -20°C ont été approchés ou atteints sur Reims, Mulhouse et Grenoble. En Île-de-France, on a relevé jusqu'à -18,7°C à Orgerus (78) alors que dans le sud, on relevait -14°C dans les Landes et -13°C à Toulouse.

Ce froid n'a pas non plus épargné le littoral atlantique ni les rivages de la Méditerranée avec -10°C relevés à Montpellier ainsi qu'au Castellet (83) et même -12°C dans le nord de Marseille. 

Plusieurs jours sans dégel 

Outre les températures minimales très basses relevées, cette vague de froid s'est accompagnée d'un épisode de plus de 10 jours consécutifs sans dégel entre la Normandie, la région parisienne (Paris excepté), le Limousin et jusqu'aux frontières de l'Est. De nombreux lacs ou étangs ont gelé (étangs de Sologne, lacs du bois de Vincennes à Paris entre autres...) jusque sur les régions méditerranéennes (étang de Thau, du Baccarès, ce qui n'était plus arrivé depuis la vague de froid de janvier 1985). Des rivières ou cours se sont trouvés totalement englacés (l'Ill à Strasbourg) ou en partie gelés (la Loire à Orléans). 

Quelques températures moyennes relevées entre le 1er et le 13 février 

Ajaccio : 4,5°C (moyenne +9°C) Bordeaux : -2,3°C (moyenne +7°C) Bourges : -4,7°C (moyenne + 5°C) Clermont Ferrand : -7°C (moyenne +4°C) Lille : -4,6°C (moyenne février +3°C) Lyon : -5,5°C (moyenne 5°C) Nice : 4,3°C (moyenne +9°C) Paris : -3,0°C (moyenne +5°C) Perpignan : 1,4°C (moyenne +8°C) Rennes : -0,6°C (moyenne +6°C) Strasbourg : -7,7°C (moyenne +2°C) Toulouse : -3,5°C (moyenne +6°C)

D'une manière générale, durant cette vague de froid, les températures ont accusé un déficit de -8 à -10°C par rapport aux moyennes avec des valeurs fortement négatives. Seule exception notable, la pointe bretonne (Brest) où le déficit a été plus raisonnable, de l'ordre de -3°C . 

Un ensoleillement largement excédentaire, un peu de neige à l'ouest et au sud 

L'autre paramètre remarquable de cette vague de froid intense est le niveau d'ensoleillement très largement excédentaire qui a prédominé sur les 3/4 du territoire, grâce à une flux d'origine très continentale, qui a contribué à assécher la masse d'air et à limiter l'apparition et la persistance des nuages bas.

L'ensoleillement s'est élevé à 70 heures sur Lille, Strasbourg, Toulouse, Clermont-Ferrand, Lyon, Paris sur les 10 premiers jours du mois, soit une moyenne de 7 heures par jour pour une durée du jour de 9h.

Une pluviométrie très largement déficitaire 

Au cours de cette vague de froid, malgré les chutes de neige, la pluviométrie a été largement déficitaire de l'ordre de 1 à 5 mm sur les 4/5ièmes du territoire. Un premier épisode neigeux a concerné les 30 et 31 janvier les régions s'étendant des Pays-de-la-Loire et du Poitou au centre-est avec 6 cm à Laval, 8 cm à Poitiers, 12 cm à Clermont-Ferrand et 15 cm à Chambéry. Un deuxième épisode neigeux s'est produit une semaine après, le dimanche 5 février depuis la Normandie et le Pas-de-Calais jusqu'aux plaines du sud-ouest : 10 cm à Rouen, 8 cm à Chartres et Toulouse.

Dans l'extrême Sud-est, plusieurs chutes de neige ont affecté la Provence et la Corse avec 3 jours de neige et 5 cm à Toulon ou bien encore Marseille et jusqu'à 21 cm de neige sur la côte orientale de la Corse à Alistro le 11 février. Les régions s'etendant de la Champagne et de l'est parisien à la Bourgogne ont été les plus épargnées. 

Une vague de froid assez exceptionnelle 

Cette vague de froid a été assez exceptionnelle d'autant qu'elle était survenue après un début d'hiver historiquement doux. On peut comparer et situer cette vague de froid à celle qui a touché la France en janvier 1987 ou février 1991, de par son intensité et surtout son étendue. Elle se situe néanmoins loin derrière le terrible février 1956, où la vague de froid avait duré tout le mois et donné lieu à plusieurs tempêtes de neige, et à des températures glaciales, jusqu'à -20°C à Toulouse par exemple.

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