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Sécheresse 2019 : la situation s'aggrave

Par Cyrille DUCHESNE, météorologue

Après un hiver historiquement sec dans le sud-est, les précipitations tombées au début du mois d'avril offrent un répit pour la nature. Sur le reste de la France en revanche, les pluies de ces dernières semaines sont très insuffisantes. Doit-on craindre une sécheresse ces prochains mois et les nappes phréatiques sont-elles suffisamment remplies pour parer à une sécheresse estivale ?

Le début d'année 2019 a été marqué par une sécheresse record sur les régions méditerranéennes et plus particulièrement le Languedoc et la Provence où dans plusieurs villes il n'avait jamais aussi peu plu sur la période janvier à mars. A Perpignan avec 19,4 mm, le record de 1995 avec 25,4 mm a été battu. A Marignane, il n'est tombé que 15 mm d'eau en 3 mois et le record vieux de 1953 avec 16 mm a été battu ! A noter que ces cumuls de pluie recueillis en 3 mois ne correspondent qu'à une dizaine de jours de précipitations.

Cette situation hydrique tendue, qui touche une bonne partie du territoire, s'est en revanche améliorée dans la partie sud-est du pays. 

 

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Crédit : La Chaîne Météo

 

Une sécheresse qui s'atténue un peu dans le sud-est

Les premiers jours du mois d'avril ont été marqués par une forte dégradation météo dans le sud-est. Les précipitations ont été particulièrement abondantes sur les Alpes-Maritimes avec 89 mm à Antibes (06), 109 mm à Cannes (06) et jusqu'à 148 mm à Grasse (06). Du Languedoc-Roussillon à la Provence, les cumuls de pluie sont souvent compris entre 30 et 50 mm, jusqu'à 74 mm à Aubagne (13). En Corse, on a enregistré 58 mm à Ajaccio entre le 9 et le 12 avril, soit l'équivalent d'un mois de précipitations. Ces pluies ont eu pour effet bénéfique de réduire la sécheresse qui sévissait jusqu'à maintenant. Ce n'est en revanche pas le cas sur le reste du pays.

 

Un début de printemps sec sur une large moitié nord

Depuis le début du printemps, les pluies sont trop peu nombreuses sur une large moitié nord de la France. Les perturbations sont souvent de faible activité et passent très rapidement. Les orages qui ont pu être observés sont restés dispersés et ont donné des cumuls de pluie très hétérogènes. Au cours de la première quinzaine d'avril, il n'est tombé que 8 mm à Bourges, 9 mm à Paris ou encore 10 mm à Caen ce qui réprésente un déficit pluviométrique de plus de 50% par rapport à la normale. Il faut donc qu'il pleuve dans les prochaines semaines pour enrayer la sécheresse de surface qui est en train de s'installer, et pour augmenter le niveau des nappes phrétaiques qui est majoritairement bas.

 

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Crédit : La Chaîne Météo

 

Des nappes phréatiques déficitaires sur la moitié du pays

Le niveau des nappes phréatiques est inférieur à la normale sur la moitié du territoire, notamment des Hauts-de-France et du Grand-Est à l'Auvergne-Rhône-Alpes. Cela concerne aussi le Languedoc-Roussillon et le Centre-Ouest. Ailleurs, les nappes sont à niveau proche de la normale ou en léger excédent sur 17% du pays. Cette situation n'est pas de bonne augure en ce début de printemps car à partir du mois de mai, les pluies ne sont plus efficaces ; elles ne remplissent plus les nappes phréatiques mais servent essentiellement à la croissance de la végétation.

 

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Crédit : La Chaîne Météo

 

Les tendances saisonnières de la Chaine Météo ne sont pas optimistes avec la poursuite d'une tendance sèche pour le reste du printemps. Sans compter que les jours de chaleur vont être de plus en plus nombreux en avançant dans la saison. Cela aura pour conséquence une plus grande évapotranspiration des plantes et des besoins en eau de plus en plus importants.

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