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Vers un printemps sec et doux

Par Regis CREPET, météorologue

Les prévisions saisonnières de la Chaîne Météo envisagent un printemps sec (notamment à partir d'avril) et majoritairement doux. Cette perspective laisse craindre une sécheresse en vue de l'été. Analyse avec notre météorologue Régis Crépet.

Les prévisions saisonnières de Météo Consult ont été mises à jour le 10 février. Cette mise à jour met en évidence un beau printemps sur la France métropolitaine, en particulier pour le mois d'avril.

Ces prévisions soulèvent la problématique de la sécheresse : alors que l'hiver présente un déficit de précipitation de 14 % depuis le 1er décembre, ce qui reste modéré, il faudrait encore davantage de pluie pour permettre une recharge efficace des nappes phréatiques. Or, notre pays connait une série de 12 mois souvent déficitaires, ce qui n'est pas de bon augure pour aborder l'été. Cette situation est désavantageuse par rapport à l'année dernière, où l'hiver avait été le 3 ème le plus pluvieux depuis 1959, laissant les nappes phréatiques a un niveau élévé, ce qui avait permis de passer l'été (pourtant caniculaire et durablement sec) sans pénaliser le niveau des nappes phréatiques.

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Crédit : La Chaîne Météo

Vers un printemps doux et sec

C'est en automne et en hiver que les précipitations sont efficaces car les pluies s'infiltrent dans le sous-sol. A ce sujet, les neiges présentes en montagnes seront bien utiles au moment de la fonte, mais pour le reste, il faudra compter sur les pluies encore prévues en mars. Car ensuite, le mois d'avril s'annonce beau et chaud avec un déficit de précipitations qui devrait s'accentuer. Même perspective pour le mois de mai, bien que les températures soient prévues moins chaudes, freinant ainsi une trop forte évaporation. 

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Crédit : La Chaîne Météo

L'humidité, une barrière contre les canicules ?

Dans ce contexte, la faible humidité des sous-sols est un handicap avant d'affronter le printemps et surtout l'été. La pluviométrie sur les 3 mois d'hiver est déficitaire de 14% en moyenne sur le pays. Il n'y a donc pas assez d'eau, notamment après un été et une première partie d'automne très sec l'année dernière. Il nous faudrait donc un printemps arrosé pour espérer ne pas avoir de restrictions d'eau très rapidement, ce qui ne semble donc pas être le cas.

Autre facteur à prendre en compte : la "barrière anti canicule".  On sait désormais que des sols secs sont propices à la survenue de fortes chaleurs et de canicule. Après celle de 2003, une étude avait été menée par Robert Vautard, directeur du LSCE (Laboratoire des sciences du climat de Saclay/CEA, CNRS) et Pascal Yiou (également du LSCE), mettant en évidence le lien étroit entre "sécheresse" et "canicule".

Cette étude montre que les canicules en France sont souvent associées à des hivers secs dans une large bande, allant de l'Espagne au nord de l'Italie en passant par les Pyrénées et le Midi de la France. "C'est la naissance du signal" , explique Pascal Yiou. C'est nécessaire mais toutefois pas suffisant, comme on l'a vu l'été dernier, pour annoncer un été caniculaire, même si notre modèle saisonnier semble s'orienter vers un été prochain plutôt chaud et plutôt sec. 

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