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Prévisions saisonnières pour l'hiver 2020/2021

Par Regis CREPET, météorologue

L'actualisation des prévisions saisonnières est valable pour cet hiver en France métropolitaine et en Europe (trimestre décembre, janvier et février 2021). Ces prévisions mettent en évidence une tendance à long terme avec des températures légèrement supérieures aux moyennes et un certain déficit de précipitation. Si les conditions anticycloniques semblent devoir être assez prédominantes, Une incertitude subsiste néanmoins quant au niveau des températures, qui pourraient osciller entre "de saison" et "supérieures aux normales".

Prévisions saisonnières pour l'hiver 2020/2021

Ces prévisions saisonnières, mises à jour chaque 10 du mois, concernent le trimestre hivernal décembre, janvier et février. Par rapport à la mise à jour du 10 octobre dernier, quelques ajustements se précisent et donnent désormais une caractéristique dominante pour l'hiver : il s'annonce majoritairement plutôt doux et surtout anticyclonique à l'échelle des trois mois. Si l'écart des températures par rapport aux moyennes reste à confirmer, il semble en revanche que les conditions de bordure anticyclonique soient prédominantes pendant cet hiver, ce qui poserait à nouveau le problème d'un certain déficit de précipitation (de pluie en plaine et de neige en montagne). La bonne recharge des nappes phréatiques serait donc relativement limité cet hiver si cette tendance venait à se confirmer.

A noter également que les effets de la Nina, en cours dans l'océan Pacifique, restent très aléatoires en Europe, pouvant entraîner justement la persistance d'anticyclones sur le proche Atlantique, alors que dans d'autres circonstances, la Nina peut, au contraire, favoriser un flux d'ouest dynamique.

Situation générale pour la France métropolitaine

Prévisions Saisonnières
Crédit : La Chaîne Météo

A l'image de ce mois de novembre, il semble qu'un contexte de bordure anticyclonique soit la caractéristique principale de notre hiver sur l'hexagone. Cependant, il faut noter que les hautes pressions seront plutôt positionnées sur l'océan Atlantique et sur l'Europe de l'est, tandis que les minimums dépressionnaires seront plutôt positionnés vers la mer de Norvège d'une part, et, de façon plus relative, sur le nord de l'Afrique. La localisation de ces dômes anticycloniques sera l'élément capital pour déterminer le niveau des températures en France : en effet, l'emplacement de ces hautes pressions déterminera le flux dominant, qui pourrait être soit orienté au nord-ouest, soit au sud-ouest. A ce jour, il y a quasiment autant de probabilité pour que le flux soit de nord-ouest que de sud-ouest, mais notre modèle envisage plutôt l'hypothèse d'un flux de secteur sud-ouest majoritaire, synonyme de températures supérieures aux moyennes de saison. 

Prévisions Saisonnières
Crédit : La Chaîne Météo

Quoiqu'il en soit, la récurrence anticyclonique minimisera l'intensité et la fréquence des perturbations circulant sur la France, ce qui pourrait aboutir à un déficit pluviométrique hivernal sur notre pays.

Rappelons enfin que cette tendance n'est pas figée : au sein de ces trois mois, il est bien évident que des épisodes perturbés, plus froids et plus doux se produiront, ce que l'on appelle des "épiphénomènes", mais ne seraient pas la caractéristique majoritaire de l'hiver à venir.

Prévisions saisonnières décembre

La situation synoptique, c'est à dire la configuration générale des centres d'action, est peu fiable pour ce mois compte-tenu de la différence observée entre les modèles de prévision saisonnière. Ainsi, nos calculs laissent apparaître une configuration majoritairement anticyclonique sur l'Europe centrale, induisant des descentes d'air froid du coté Russe / Mer Noire, et une remontée d'air doux sur l'Europe de l'ouest et la France. Cette situation aboutirait à un déficit notable de précipitation (manque de pluie en plaine et de neige en montagne). Cela n'empêcherait pas quelques périodes intermédiaires perturbées, à priori plutôt sous forme de gouttes froides plongeant sur la France et pouvant apporter quelques journées hivernales. Un scénario plus froid et plus humide que prévu serait la deuxième option retenue par environ deux modèles numériques sur cinq, justifiant pourquoi nous attribuons une mauvaise fiabilité à ce mois.

Prévisions saisonnières janvier 2021

La deuxième partie de l'hiver, et le mois de janvier, présentent une meilleure fiabilité car la plupart des modèles numériques tendent vers une même tendance : à savoir une météo assez standard pour la saison sur l'hexagone, renouant avec un flux plus perturbé, orienté à l'ouest, synonyme du retour des perturbations. Les hautes pressions semblent devoir résister sur l'Europe centrale, pouvant éventuellement freiner le retour de ces perturbations, avec des précipitations qui seraient alors juste dans les normales. Entre ces différentes influences (air continental et air océanique), les températures seraient assez proches des moyennes, ou alors légèrement supérieures. Cela pourrait conférer à ce mois de janvier une météo assez classique pour la saison.

Prévisions saisonnières février 2021

Avec toutes les réserves qu'il convient d'apporter à cette échéance, le mois de février pourrait prolonger la tendance plus dépressionnaire amorcée en janvier, avec le retour du flux océanique assez vigoureux : les précipitations seraient alors tout à fait conformes aux moyennes statistiques, voire supérieures. En fonction de l'orientation précise des vents dominants (sud-ouest ou nord-ouest, ou alternance des deux), les températures pourraient se situer dans les normales de saison, mais de nombreuses autres modélisations envisagent une tendance "plus douce" que les moyennes : ce paramètre des températures constitue donc l'incertitude qu'il faudra préciser dans les prochaines mises à jour de ce bulletin.

En conclusion, une tendance de brodure anticyclonique pourrait caractériser notre début d'hiver, jusqu'en début janvier. Pour décembre, d'ailleurs, la fiabilité est justement limitée en raison de l'incertitude concernant la ténacité de ces hautes pressions. De même, en fonction de la position de l'anticyclone, les masses d'air arrivant sur la France peuvent provenir soit du sud-ouest soit du nord-ouest, pouvant influencer le niveau des températures. A noter que la probabilité de vagues de froid pour cet hiver semble très faible, que ce soit en liaison avec les centres d'action définis ci-dessus qu'en raison des cycles solaires.

Le reste de l'hiver (janvier et février) semble plus fiable en faveur du retour graduel de conditions plus perturbées, surtout en février, mais sans excès non plus, en raison de la proximité des hautes pressions. A ce jour, les températures semblent devoir rester légèrement supérieures aux moyennes de saison, mais l'anomalie n'est pas très nette, ce qui laisse une marge d'écart non négligeable.

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