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Prévisions saisonnières : suite de l'hiver 2019 - 2020

Par Regis CREPET, météorologue

Valables pour la deuxième moitié de l'hiver, nos prévisions saisonnières confirment la précédente mise à jour, avec des températures s'annonçant globalement supérieures aux moyennes de saison, mais dans un contexte plus pluvieux que prévu initialement. A quelques semaines de la saison des sports d'hiver, le très bon enneigement actuel se maintiendra sans difficulté en montagne, mais les fluctuations des températures le rendront inégal sous 1500 m d'altitude.

Ces prévisions saisonnières, mises à jour chaque 10 du mois, concernent les mois de janvier, février et mars 2020. L'apparition de nouveaux indicateurs météo dans le courant du mois d'octobre avait entrainé quelques modifications dans les prévisions de l'hiver, qui s'annonce dans sa globalité plus doux que les moyennes sur la France et plus humide en particulier sur la moitié nord. L'anomalie de température pourrait se situer autour de +0,8°C pour le trimestre décembre-janvier-février, avec une  deuxième moitié d'hiver plus froide (février-mars) que la première (décembre et janvier). Au total, les différences sont masquées mais de fortes disparités pourront s'observer pendant cet hiver, qui pourrait ressembler alors à celui de 2011 - 2012.

Rappelons que nous connaissons un automne avec des températures supérieures aux moyennes de saison de l'ordre de +1°C en France, malgré une baisse assez marquée en première quinzaine de novembre. Cette évolution ne semble pas remettre en cause la tendance globale pour la période décembre, janvier et février, qui indique des températures supérieures aux moyennes de saison avec des précipitations qui resteront supérieures ou égales aux moyennes sur les deux tiers nord de la France, mais devenant plus déficitaires au sud, après les épisodes méditerranéens d'otobre et de novembre.  

Prévisions Saisonnières
Crédit : La Chaîne Météo

 

Prévisions saisonnières janvier 2020

A l’image de décembre, janvier 2020 pourrait être plutôt doux avec des températures supérieures aux moyennes de saison de l'ordre de +1°C. Le flux dépressionnaire atlantique se maintiendrait en direction de la France avec des précipitations plus abondantes sur la moitié nord et plutôt déficitaires dans l'extrême sud, avec des températures globales assez douces. Dans ce contexte de flux de sud-ouest à ouest, des séquences très ventées pourraient se succéder, avec quelques courts refroidissements dont il faudra déterminer l'intensité ultérieurement. Un refroidissement plus net pourrait intervenir en dernière décade.

Prévisions saisonnières février 2020

Ce serait le mois le plus froid de notre hiver, tout étant relatif. Notre modèle numérique n'indique pas à ce jour d'anomalie de température pour le mois de février, ce qui serait synonyme d'un mois " de saison". Au vu de la position des centres d'action majoritaires (dépressions sur l'Atlantique), un scénario "froid" ne semble pas vraiment d'actualité même si des "températures de saison" sont, par défintion, assez froides en février. Attention, cependant : les pays d'Europe du nord et de l'est pourraient subir des températures plus froides que les moyennes. Dans le contexte global européen, on ne peut donc exclure une séquence froide au coeur de ce mois en France. Les précipitations resteraient assez proches des normales statistiques à l'échelle de la France, mais plutôt excédentaires sur l'ouest et sur le littoral méditerranéen, et déficitaires vers le nord-est, sous l'influence des anticyclones continentaux.

Prévisions saisonnières mars 2020

Dans la continuité de février, le mois de mars serait plutôt froid sur le continent européen dans un contexte dépressionnaire. Les pays scandinaves risquent de connaître des neiges tardives, tandis que la France pourrait subir de fréquents flux de nord, synonymes de fraîcheur durable et de giboulées. Là aussi, les précipitations resteraient supérieures aux moyennes sur l'ouest, et plus faibles sur l'est. L'enneigement serait alors durable et probablement très bon à toutes altitudes.

En conclusion, les signaux pour cet hiver semblent désormais privilégier un temps majoritairement doux et assez humide sur la France, ce qui est une option appréciable pour limiter les effets de la sécheresse profonde. A l'échelle européenne, une anomalie froide, déjà présente, se maintiendrait assez majoritairement sur le nord de la Scandinavie et de la Russie, sans réussir à descendre véritablement vers le sud, sauf peut-être en février. L'enneigement en montagne risque de se maintenir vraiment en haute altitude mais pourrait être durable et tardif en raison d'un mois de mars froid. Indiquons tout de même que cette tendance saisonnière reflète le scénario majoritaire à l'échelle mensuelle et ne peut pas détecter des épis phénomènes intermédiaires (incursions froides toujours possibles, fluctuations de l'altitude de la limite pluie-neige et périodes de temps calme et brumeux s'intercalant entre les flux dépressionnaires).

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