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Grande marée du siècle : danger en février ?

Par Regis CREPET, météorologue

Les premières grandes marées de l'année se sont achevées le dimanche 25 janvier : d'un coefficient atteignant 109, elles n'ont pas marqué les médias, car accompagnées d'une météo assez calme. Mais qu'en sera-t-il le 20 février prochain, lors du coefficient 118?

Cette année 2015 est annoncée comme l'année des "grandes marées du siècle". Alors que les tempêtes à répétition de l'hiver dernier avaient durement endommagé certains de nos littoraux, il y a de quoi être inquiet ! Décryptage avec La Chaîne Météo.

Qu'est-ce que la marée du siècle?

Ce terme n'a qu'une signification mathématique : les marées sont induites par l'attraction du soleil et de la lune et lorsque ceux-ci s'alignent avec la Terre, l'attraction est maximale. On parle alors de grandes marées. Elles surviennent souvent au moment des équinoxes (printemps, automne).

La marée est mesurée par le marnage, c'est-à-dire la différence de hauteur d'eau entre la marée basse et la marée haute. Dans la baie du Mont Saint Michel, ce marnage est l'un des plus importants d'Europe. Il dépasse régulièrement les 10 mètres, soit la hauteur d'un immeuble de 4 étages.

La marée est exprimée souvent par un coefficient, allant de 20 (pour les plus faibles marées) à 120 (pour les plus grandes possibles).

Le coefficient des grandes marées annuelles tourne autour de 110 à 115 en général, comme l'année dernière. Mais cette année, autour du 20 février et surtout du 20 mars, ce coefficient atteindra 118 et 119, soit un niveau maximal qui n'a pas été atteint depuis 1997.

La "marée du siècle" revient tous les 18 ans. C'est donc un abus de langage mais ela dit, ce sera la première de ce 21 ème siècle.

Quels dangers cette année?

En réalité, il y a peu de différence entre une grande marée de coefficient 115 et une de 118 : les hauteurs d'eau atteignent globalement les 13 m dans le secteur de Saint-Malo et 14 m au Mont-Saint-Michel ou, plus généralement, les 5 à 6 mètres comme à La Rochelle. Dans tous les cas, le déplacement des masses d'eau reste énorme, les courants importants et les dangers bien réels. Ce qui fait la différence, ce sont les conditions météorologiques au moment de la pleine mer.

En janvier 2015, les grandes marées (coefficient 109) sont passées quasi inaperçues en raison de conditions météorologiques relativement calmes : pas de coup de vent, pas de forte houle, pas de surcote...Malgré tout, les vagues sont passées par-dessus les quais et les digues en bien des endroits, notamment à Saint-Malo. Mais si le vent et les vagues s'en étaient mêlés, cela aurait pu produire des dégâts. Dans le pire des cas, on peut assister à des catastrophes telle que celle survenue au passage de la tempête Xynthia fin février 2010 : la houle de tempête a déferlé au moment de la marée haute, d'un coefficient de 102 : la conjonction des deux a entraîné la surcote que l'on connait, c'est à dire une élévation supplémentaire du niveau de la mer ce qui a eu un impact dramatique et a surpassé le niveau de marée du siècle.

Cette année, les périodes comprises autour du 20 février (coefficient 118) puis à nouveau autour du 20 mars (coefficient 119) seront cruciales : si le temps est calme et la mer peu agitée, le spectacle offert par la nature sera de moindre danger. Mais si autour de cette période le vent et la houle arrivent, cela pourrait tourner à la catastrophe.

A ce jour, nos prévisions envisagent un temps modérement dépressionnaire et venté, juste au moment de ces grandes marées. Un suivi particulier sera donc nécessaire pour cette fin de semaine.

 

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