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Janvier 1985 : vague de froid mémorable en France

Par La Chaîne Météo

Il y a 30 ans, la France et une grande partie de l’Europe connaissait l’une des plus intenses vagues de froid de ces 60 dernières années. Explications de la Chaine Météo sur cet événement météorologique exceptionnel.

A partir du 4 janvier 1985, un froid polaire touche la France et une grande partie de l’Europe. Cette vague de froid dure alors 2 semaines et est comparable dans son intensité à celle de février 1956. Elle résulte de la mise en place d’une situation météorologique particulière.

Un anticyclone se positionne entre Islande, nord des îles britanniques et Scandinavie début janvier faisant barrage aux flux d’ouest apportant en temps normal de la douceur. Dans le même temps, des dépressions se creusent en Méditerranée aboutissant à la mise en place d’un flux d’est ininterrompu entre la Russie et la France, ce que les météorologues appellent parfois le Moscou-Paris. Dès lors, les températures sont glaciales  sur toute la France, et cette situation perdure environ 2 semaines avant un redoux lié au retrait de l’anticyclone «scandinave».

Températures glaciales…

Sur une grande partie du pays, le gel est ininterrompu durant toute la durée de la vague de froid, avec des maximales parfois inférieures à -15°C. Sur l’ensemble de l’évènement, on relève des minimales de -41°C à Mouthe dans le Doubs (record non officiel), -25°C à Luxeuil-les-Bains (70), -25°C à Nevers (58) ou encore -22°C à Reims (51). De nombreux records mensuels de températures minimales sont battus à l’occasion de cette vague de froid, celles-ci étant amplifiées par une couche de neige au sol sur la plupart des régions.

A Paris, il s’agit du mois de janvier le plus froid depuis au moins 1838, la température atteint -13,9°C le matin du 17 janvier, alors que la veille la maximale fut de -10°C. Il faut remonter à février 1956 pour retrouver de telles températures dans la capitale.

… et chutes de neige historiques sur la côte d’azur

Dans le sud du pays aussi le froid est très marquant, avec un record sur la station de Nice par exemple, de -7,2°C le matin du 9. La veille, aucun dégel n’avait eu lieu (-2,3°c de maximum), et ce sont surtout les chutes de neige sur la côte d’azur qui ont été exceptionnelles. On releva alors 38 cm sur la promenade des anglais, là aussi il s’agit d’un record.

Conséquences catastrophiques

Les conséquences de cette vague de froid ont été nombreuses, à commencer par la surmortalité liée au froid et la neige qui a été estimée à environ 9000 morts. D’autre part, les dégâts sur la végétation (gel sur les palmiers à Nice par exemple) furent énormes, le froid résistant par la suite aussi en février, puis de nouveau au mois d’avril 1985 entrainant une flambée des prix des fruits et légumes. En outre, la plupart des cours d’eau gelèrent, alors qu’une banquise s’était formée sur le littoral de la mer du Nord, ainsi qu’à l’embouchure de la Loire. L’activité économique a aussi été considérablement ralentie, en raison du froid, mais aussi de la neige qui se maintient au sol durant environ 15 jours.

Pour l’heure, l’hiver actuel semble donc bien loin de ces frimas vieux de 30 ans et les prévisions saisonnières n’envisagent pas de «grands froids» actuellement. Néanmoins, en météorologie, rien n’est impossible…!

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