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El Nino cet automne : à quoi s'attendre ?

Par La Chaîne Météo

Un nouvel épisode El Niño se profile pour l'automne prochain. Quelles peuvent être ses conséquences ? Réponse de La Chaîne Météo.

Crédit : La Chaîne Météo

«El Niño» est le nom donné à une anomalie chaude des eaux de surface de l’océan Pacifique oriental, tandis que «la Niña» est son inverse : une anomalie froide des eaux de cette même partie du Pacifique. D’une façon plus globale, ce phénomène océanique cyclique concerne l’ensemble du Pacifique par un effet de bascule : lorsque les eaux se réchauffent d’un côté, elles se refroidissent de l’autre, entraînant des modifications climatiques profondes sur le pourtour du Pacifique mais aussi en d’autres régions du Globe. Il s’agit donc d’un effet de balancier cyclique des températures des eaux de surface de l’océan Pacifique entre l’Australie et les côtes ouest américaines, de la Californie au Pérou et au nord du Chili.  D’une façon plus globale, les périodes El Niño entraînent un réchauffement global planétaire, tandis que les années Niña sont majoritairement plus froides. Ces variations cycliques naturelles ont toujours existé, mais on ne sait pas très bien expliquer le phénomène déclencheur. On peut simplement constater qu’El Niño est un dérèglement climatique d’une périodicité de 6 à 10 ans. Le dernier grand épisode El Niño est celui de 1998, responsable d’un pic de chaleur planétaire qui reste, jusqu’à présent, le point culminant du réchauffement climatique contemporain. A contrario, ces dernières années étaient à dominante Niña, expliquant en partie la phase de plateau du réchauffement climatique et le retour des hivers froids dans l’hémisphère nord.

Le mécanisme

En temps normal, on parle de «période neutre» : les alizés soufflant de l’est poussent les eaux chaudes du Pacifique vers l’Australie et l’Indonésie, qui connaissent des pluies de mousson habituelles. «Sous le vent», les côtes américaines ont des eaux plus froides et un climat plus sec. On parle d’El Niño lorsque ce schéma se renverse : les vents dominants soufflent alors de l’ouest sur le Pacifique, poussant vers les côtes américaines les eaux de surface plus chaudes (et qui s’élèvent de plusieurs dizaines de centimètres) : les alizés ne soufflent plus et les précipitations, liées aux masses d’air chaud et humide) sont abondantes de ce côté-là. A l’opposé, les côtes australiennes et indonésiennes s’assèchent, tandis que les eaux de surface se refroidissent par effet d’upwelling.

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Des impacts à l'échelle planétaire

L’ensemble de la zone Asie Pacifique Amérique est concerné par les modifications de régime des vents, des alizés et de température de l’océan. En période El Niño, la côte américaine connaît alors un climat chaud et humide avec des précipitations anormalement élevées. De l’autre côté, chaleur et sécheresse règnent sur l’Australie et l’Indonésie. La mousson indienne et indonésienne est amoindrie, pouvant occasionner des pertes agricoles énormes, alors que les inondations causent de gros dégâts sur la côte ouest américaine. Plus généralement, on estime que les effets d’El Niño se font sentir jusque sur le bassin Atlantique et Indien en interagissant sur le jet Stream, ces vents de haute altitude : le nombre d’ouragan diminue en Atlantique et le climat devient plus sec sur les Caraïbes. A contrario, le nombre de cyclones augmente dans l’océan Indien et pacifique Est.

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Vers un nouvel El Niño à l'automne

Si depuis 2014 les conditions sont restées neutres, selon l’Organisation Mondiale de la Météorologie, la dernière partie de l’année 2014 devrait probablement être marquée par le développement d’un nouvel épisode El Niño. Effectivement, les températures de l’eau de mer sont déjà anormalement élevées sous l’influence de vents forts d’ouest et d’un affaiblissement des vents d’alizés, signes précurseurs des épisodes El-Niño. 

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