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11 septembre 2001 : impact climatique des trainées de condensation des avions

Par Regis CREPET, météorologue

Un effet secondaire de l'arrêt total du trafic aérien aux USA après les attentats A l'heure où l'on commémore

Un effet secondaire de l'arrêt total du trafic aérien aux USA après les attentats

A l'heure où l'on commémore les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, l'occasion nous est donnée de revenir sur un aspect secondaire mis en évidence par l'interdiction totale de la circulation aérienne au-dessus du territoire américain pendant 3 jours et 3 nuits, en particulier au-dessus de New-York, suite aux attentats du World Trade Center.

Des scientifiques ont constaté alors la disparition des trainées de condensation et de gaz laissées par les avions à réaction, constituées essentiellement de vapeur d'eau qui gèlent et laissent ces fameuses trainées blanches appelées " contrails " ou " cotras ", et sujettes à bien des polémiques (voir les "chaimtrails").

Le fait est que le ciel au-dessus de New-York a revêtu une limpidité inhabituelle pendant ces trois jours, alors qu'en général, les trainées de condensation laissées par l'intense trafic aérien occupent jusqu'à 70% du ciel New-Yorkais.


Sans trafic aérien, les amplitudes thermiques seraient plus marquées


Les météorologues ont constaté pendant cette période une amplitude thermique plus accentuée entre une relative fraicheur nocturne et une hausse de 3°C des températures diurnes, l'ensoleillement étant plus fort. Sur un échantillon de plus de 5000 stations d'observation météo américaines, l'écart moyen des températures s'est établi autour de +1,5° en moyenne pendant cette période sans circulation des avions civils. C'est surtout l'amplitude thermique entre le jour et la nuit qui s'est donc accentuée.


Un réchauffement climatique pondéré par les gaz dans la haute atmosphère?


Cette expérience involontaire met en évidence le rôle des gaz en suspension dans la haute atmosphère, qu'il s'agisse de la vapeur d'eau, de cristaux de glace ou de polluants : ils contribuent à ce que l'on appelle un phénomène " d'obscurcissement " global du ciel, tendant à amoindrir le réchauffement diurne tandis que les nuits restent plus douces. Ce phénomène, mis en évidence en bien d'autres occasions (lors des éruptions volcaniques ou des grands incendies de forêts...) prouve que cet assombrissement global modère les effets du réchauffement global, qui serait probablement plus marqué sans ces effets. Mais il minimise les écarts thermiques entre le jour et la nuit : alors que la température change généralement très lentement d'un jour à l'autre, la variation de la température entre le jour et la nuit a été plus élevée, plus haute le jour et plus basse la nuit, au cours de ces trois jours d'observation.



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